Dans un communiqué publié lundi matin sur sa page Facebook, il est précisé que « le président Jean-François Kouassi se porte bien » après soixante-douze heures d’audition, en présence de son avocat. Le document invite également la population « au calme et à la retenue », affirmant que la situation est suivie « de manière attentive et rigoureuse ».
Les circonstances de l’arrestation
Arrêté le jeudi 8 janvier, Jean-François Kouassi avait lui-même annoncé sa détention sur les réseaux sociaux. Il avait été conduit au commissariat du 1ᵉʳ arrondissement du Plateau, où il est resté en garde à vue pendant trois jours.
Selon plusieurs sources, cette arrestation serait liée à des accusations de « troubles à l’ordre public », alors qu’il manifestait seul, pancarte à la main, près de la Cité administrative.
Les critiques au cœur du conflit
Au centre de cette affaire figurent ses critiques envers l’organisation des concours administratifs en Côte d’Ivoire. M. Kouassi dénonçait ce qu’il qualifiait de « concours fantômes », évoquant opacité, favoritisme et corruption, notamment au sein des Douanes ivoiriennes. Ses accusations ciblaient directement le ministère de la Fonction publique, dirigé par Anne Ouloto.
Dans un premier temps, des informations ont circulé faisant état d’une plainte pour diffamation déposée par le ministère. Contacté par Linfodrome, ce dernier a toutefois affirmé n’avoir engagé aucune procédure judiciaire contre l’activiste. Cette version alimente les interrogations, certains proches de l’opposition évoquant l’action de « zélés » au sein du pouvoir, désireux, selon eux, de faire taire une voix jugée trop dérangeante.
Scénarios judiciaires possibles
La comparution de Jean-François Kouassi devant le parquet ouvre désormais plusieurs hypothèses : le juge pourrait décider d’une remise en liberté, d’un contrôle judiciaire ou d’un mandat de dépôt, avec un éventuel transfert à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Cette dernière éventualité inquiète ses partisans, mobilisés sur les réseaux sociaux depuis son arrestation.

Une figure politique montante
Âgé de 32 ans, Jean-François Kouassi s’est imposé en quelques mois comme une figure médiatique majeure. En 2025, il s’était présenté comme « le candidat de la jeunesse » à l’élection présidentielle, mais sa candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel pour non-respect de la limite d’âge fixée à 35 ans. Plutôt que de se retirer, il a annoncé sa candidature aux élections législatives dans la commune de Cocody.
Entrepreneur de formation, JFK a construit une audience importante sur les réseaux sociaux, où il multiplie vidéos et prises de position contre la cherté de la vie, le chômage des jeunes et ce qu’il considère comme des injustices dans la gestion publique. Il se présente comme un acteur politique « hors système », refusant les clivages ethniques et régionaux.
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Une attente anxieuse à Abidjan
Sa comparution devant le parquet est désormais très attendue. À Abidjan, beaucoup retiennent leur souffle, dans l’attente de la décision de la justice.
