Plusieurs milliers d’Ivoiriens résidant en Europe ont défilé dans les rues de Paris pour dénoncer le quatrième mandat du président Alassane Ouattara et réclamer la libération des prisonniers politiques.

Une mobilisation européenne
Organisée par des collectifs et partis de l’opposition basés en Europe, la manifestation a démarré sur la place Trocadéro en fin d’après-midi et s’est achevée à la place Victor Hugo. Selon les organisateurs, des participants sont venus de France, du Royaume-Uni, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne, de Suisse et de Belgique. La place Trocadéro était saturée de monde.
Cette mobilisation fait suite au verdict du Conseil constitutionnel rendu le 8 septembre, qui a validé la candidature d’Alassane Ouattara tout en écartant des figures majeures de l’opposition, comme Laurent Gbagbo et Tidjane. Depuis, la contestation s’est amplifiée tant en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger.
Un cortège encadré par l’opposition ivoirienne en exil
Le cortège, parti à 17 h (15 h GMT), était encadré par des responsables et représentants de plusieurs partis ivoiriens en exil : PDCI-RDA, Front Populaire Ivoirien (FPI), Générations et Peuples Solidaires (GPS) et les délégations européennes du PPA-CI. Parmi les personnalités présentes figuraient Pascal Logbo (France), Augustin Lobognon (Suisse), Théodore Noka Gbola (Italie), Serges Aka (Allemagne), Abdon Bayeto et Cheick Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA.
Discours et slogans contre le pouvoir en place
Les manifestants ont défilé avec banderoles, drapeaux et slogans, scandant leur opposition au maintien au pouvoir d’un président jugé illégitime. Les prises de parole alternaient messages politiques et encouragements à la mobilisation.
À la place Victor Hugo, Tina Topo, figure des « femmes patriotes », a appelé à la vigilance et à la persévérance : « La Côte d’Ivoire nous appartient et nous ne céderons jamais. » Elle a invité les femmes à se préparer pour les prochaines actions, annonçant que « le président Laurent Gbagbo prendra bientôt la parole ».
Hervé Djédjé, l’un des organisateurs, a rappelé la détermination du mouvement : « Nous continuerons à mettre la pression jusqu’à ce qu’Ouattara renonce à son projet. »
Appels à l’unité et à la solidarité
Diarra Mohamed (GPS Belgique) a dénoncé « un mandat de trop » et réclamé la libération de « tous les prisonniers politiques ». Cheick Tidjane Thiam a quant à lui insisté sur « l’unité sacrée des forces vives » et fixé un objectif symbolique : « Nous avons sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire, comme Dieu a créé le monde en sept jours. »
Les orateurs ont insisté sur le caractère pacifique de la manifestation en Europe et averti que la mobilisation s’intensifierait si les revendications n’étaient pas entendues.
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Une manifestation pacifique mais déterminée
La mobilisation s’est déroulée sans incident majeur, selon les organisateurs. Les forces de l’ordre françaises n’ont signalé aucun affrontement notable. Les organisateurs annoncent déjà de nouvelles actions de protestation en Europe, confirmant une dynamique continue de la diaspora contre la situation politique en Côte d’Ivoire.
