À chaque saison des pluies, plusieurs quartiers d’Abidjan sont durement touchés par des inondations récurrentes, notamment dans les communes de Yopougon, Abobo, Attécoubé et Cocody. En juin 2024, les pluies diluviennes ont fait basculer la capitale économique dans une situation critique : 24 morts selon l’Office national de la protection civile (ONPC), plus de 16 000 sinistrés et 439 familles déplacées.
Entre le 13 et le 14 juin 2024, environ 500 mm de précipitations se sont abattus sur le District d’Abidjan en seulement 48 heures, soit plus de la moitié des volumes attendus pour toute la grande saison des pluies. Les dégâts ont été importants : effondrements d’immeubles, éboulements et inondations généralisées dans plusieurs communes, dont Adjamé, Port-Bouët, Anyama et Bingerville. Près de la moitié des victimes auraient péri dans un accident de minibus emporté par les eaux à Yopougon.
Urbanisation, drainage et climat à Abidjan : les causes structurelles et les réponses publiques
La cartographie des zones à risque révèle une exposition très inégale mais concentrée. Le District autonome d’Abidjan recense 176 sites vulnérables, dont 21 à Yopougon, 14 à Attécoubé et plusieurs autres à Port-Bouët et Cocody. Les zones résidentielles sont les plus exposées : selon des données satellitaires, elles représentent entre 64 % et 97 % des surfaces inondées lors des épisodes pluvieux.
Les causes sont multiples et bien identifiées. L’urbanisation rapide a favorisé l’installation de populations dans des zones non constructibles comme les bas-fonds et lits de rivières. À cela s’ajoutent des caniveaux obstrués par les déchets et la dégradation des sols liée aux lotissements, aggravant le ruissellement. Ces facteurs humains se combinent à l’intensification des pluies liée aux effets du changement climatique.
Lire aussi : Ghana : suspension temporaire de taxes sur les carburants face à la hausse des prix
Face à cette situation, l’État ivoirien déploie depuis 2020 le Projet d’assainissement et de résilience urbaine (PARU), financé par la Banque mondiale à hauteur de 315 millions de dollars. Des travaux de drainage sont en cours à Yopougon-Maroc, tandis que des cuvettes ont été aménagées à Abobo et que le chenal de la baie de Cocody a été ouvert.
Pour 2026, les autorités annoncent le curage des canaux, la surveillance des zones à risque et le renforcement des dispositifs d’alerte. Les populations vivant en zones inondables sont invitées à la prudence et, si nécessaire, à envisager des opérations de relogement encadrées.

[…] Lire aussi : Abidjan sous les eaux : pourquoi certains quartiers sont-ils plus vulnérables ? […]