L’enquête sur les démolitions controversées survenues à Koumassi Campement continue de progresser. Après l’interpellation de Jacques Alloui Brou, principal suspect dans ce dossier, le parquet d’Abidjan révèle que plusieurs responsables administratifs et acteurs impliqués dans l’opération ont déjà été auditionnés.
Le maire de Koumassi et plusieurs responsables auditionnés
Dans un communiqué publié le 19 juin 2026, le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan a annoncé l’arrestation de Jacques Alloui Brou, recherché depuis l’ouverture de l’enquête relative aux destructions d’habitations survenues le 3 juin dernier à Koumassi Campement. L’opérateur économique a été interpellé le 18 juin à Port-Bouët, précisément dans le quartier Terre Rouge de Gonzagueville.
Le parquet a également tenu à démentir les rumeurs évoquant une prétendue fuite du suspect après son arrestation. Selon le communiqué, Jacques Alloui Brou demeure détenu par les services compétents.
Parallèlement, les investigations se poursuivent. Le procureur indique que plusieurs personnalités ont déjà été entendues par les enquêteurs, notamment Narcisse Toussaint Balley, maire de la commune de Koumassi, Valérie Boa Krapa, directrice générale des Services techniques du District autonome d’Abidjan, ainsi que Moumouni Kindo, responsable de l’entreprise SEKF, propriétaire des engins utilisés lors des démolitions.
Aucune précision n’a toutefois été donnée sur le contenu de ces auditions ni sur une éventuelle implication des personnes entendues.
Les circonstances des démolitions toujours au cœur des interrogations
Le 3 juin dernier, des bulldozers avaient rasé plusieurs dizaines d’habitations dans le quartier Campement à Koumassi, laissant de nombreuses familles sans abri en pleine saison des pluies. L’affaire avait rapidement suscité une vive polémique sur les plans judiciaire et politique.
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Selon les premières conclusions du parquet, l’opération aurait été menée sur la base de documents dont la validité est contestée. De son côté, la mairie de Koumassi avait affirmé, au lendemain des faits, que Jacques Alloui Brou disposait des autorisations nécessaires pour faire valoir ses droits sur la parcelle concernée, évoquant notamment l’existence d’une grosse exécutoire.
Depuis, les appels à la manifestation de la vérité se multiplient. L’opposition exige que toutes les responsabilités soient établies, tandis que certaines voix s’élèvent également au sein du RHDP. La députée de Koumassi, Adjaratou Traoré, avait notamment dénoncé une opération qu’elle estime « entachée d’irrégularités graves », affirmant que le Conseil municipal n’avait jamais été informé d’une intervention de cette ampleur.
Pour le parquet, l’audition de Jacques Alloui Brou constitue désormais une étape déterminante. « L’audition de ALLOUI Brou Jacques permettra de faire toute la lumière sur ces démolitions », souligne le communiqué.
