Dans le débat suscité par la convocation de Tiémoko Antoine Assalé, les réactions continuent de se multiplier au sein de la classe politique et de la société civile. Invité à se prononcer sur cette affaire, Dr Arthur Banga a livré une analyse nuancée, appelant à préserver les principes démocratiques tout en laissant la justice travailler avec sérénité.
Pour l’universitaire et observateur de la vie publique, le profil particulier d’Assalé Tiémoko — à la fois journaliste et homme politique — impose une lecture mesurée de ses prises de parole, afin de ne pas envoyer un signal inquiétant quant à la liberté d’expression en Côte d’Ivoire.
Un appel à ne pas fragiliser la liberté de parole
Dr Arthur Banga estime qu’il serait dangereux de laisser croire que les opinions exprimées dans l’espace public peuvent systématiquement exposer leurs auteurs à des poursuites, surtout lorsqu’aucune volonté manifeste de déstabilisation n’est établie.
Selon lui, les personnalités publiques, qu’elles soient journalistes, analystes ou responsables politiques, peuvent parfois connaître des excès verbaux, des maladresses ou des erreurs d’appréciation sans que cela ne constitue nécessairement une menace contre l’État. Dans un tel contexte, insiste-t-il, l’essentiel demeure l’intention réelle qui sous-tend les déclarations incriminées.
L’enseignant rappelle ainsi que la vitalité démocratique se mesure aussi à la capacité d’un pays à tolérer les critiques, les divergences et les prises de position parfois tranchées. « Si les citoyens commencent à s’autocensurer par peur de voir le procureur surgir après chaque déclaration, c’est que la démocratie recule », laisse-t-il entendre en substance.
Faire confiance à la justice et éviter les pressions politiques, affirme Banga
Tout en se montrant ferme sur la nécessité de protéger la liberté d’expression, Dr Arthur Banga ne remet pas en cause le rôle des institutions judiciaires. Il dit accorder sa confiance à la justice ivoirienne, qu’il invite à conduire son travail dans le calme et sans interférence.
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Dans son intervention, il met également en garde contre la tentation pour certains acteurs politiques de transformer cette procédure en affrontement partisan ou en instrument de communication. Pour lui, les pressions extérieures et les surenchères médiatiques n’apporteraient aucune solution, sinon une crispation supplémentaire du climat politique.
Par cette sortie, Dr Arthur Banga replace donc l’affaire Assalé Tiémoko sur le terrain des principes : défendre la liberté de parole, éviter les procès d’intention hâtifs et préserver l’indépendance de la justice, trois exigences qu’il juge essentielles pour la consolidation démocratique de la Côte d’Ivoire.
