Pour le vice-Premier ministre et ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara, la menace terroriste en Côte d’Ivoire demeure « réelle et persistante », en dépit de l’absence d’attaques majeures depuis 2021. Cette période d’accalmie, observée après les incidents enregistrés en 2020 et 2021, ne saurait selon les autorités être interprétée comme une disparition du risque.
L’État maintient ainsi un niveau élevé de vigilance à travers le renforcement des patrouilles aux frontières, l’activation permanente des dispositifs de renseignement et la consolidation de la coopération sécuritaire internationale concernant la lutte antiterroriste. Les responsables militaires estiment que cette stabilité relative s’explique par une meilleure maîtrise du terrain par les forces de défense et de sécurité, tout en appelant à éviter tout relâchement face à un phénomène jugé évolutif et difficile à anticiper. La Côte d’Ivoire reste, à ce titre, exposée aux activités de groupes armés opérant dans la sous-région du golfe de Guinée.
Lutte antiterroriste, un dispositif national renforcé et une coopération jugée déterminante
Sur le plan opérationnel, les forces ivoiriennes mènent des actions continues de prévention, de surveillance et de renseignement, appuyées par des formations spécialisées, des opérations ciblées et un cadre juridique mis en place depuis 2015. Le Comité interministériel de lutte antiterroriste assure la coordination globale des dispositifs et adapte les plans d’action en fonction de l’évolution de la menace.
La stratégie nationale s’appuie également sur des partenariats internationaux, notamment avec l’Union européenne, le commandement américain pour l’Afrique (AFRICOM) et l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT), qui contribuent au renforcement des capacités des forces ivoiriennes. Toutefois, les autorités soulignent l’impact négatif de la suspension de certaines coopérations régionales, en particulier avec le Mali et le Burkina Faso, estimant que cela a réduit les échanges de renseignements essentiels à la surveillance des mouvements transfrontaliers des groupes armés.
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Dans le même temps, Abidjan multiplie les partenariats bilatéraux dans la sous-région, notamment avec le Bénin, afin de renforcer la coordination opérationnelle. Sur le terrain, la sécurisation des zones frontalières a été intensifiée avec le déploiement d’unités chargées de surveiller les axes sensibles, de prévenir les infiltrations et de protéger les populations riveraines, où des arrestations et incidents liés à des incursions suspectes ont régulièrement été signalés.
