Le maire de Tiassalé, Assalé Tiémoko, a annoncé qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession lors des élections municipales de 2028. Le président d’ADCI a indiqué qu’il envisage plutôt de se présenter dans une commune d’Abidjan.
« Pour 2028, je ne serai pas candidat à Tiassalé. Je serai candidat dans une commune d’Abidjan », a déclaré Assalé Tiémoko, après dix années passées à la tête de la municipalité de Tiassalé.
L’ancien député explique vouloir relever un nouveau défi dans la gestion des collectivités territoriales, notamment au sein d’une grande commune disposant de moyens nettement plus importants.
« Je veux siéger au conseil municipal d’une grande commune d’Abidjan afin d’observer comment ces collectivités sont administrées avec des ressources dix fois supérieures à celles de Tiassalé », a-t-il indiqué.
Se disant satisfait de son bilan, il estime que son expérience pourrait produire des résultats encore plus significatifs dans une commune disposant de budgets plus conséquents.
« Ce que j’ai pu faire à Tiassalé avec seulement 300 millions de francs CFA d’investissement et 400 millions de fonctionnement, imaginez ce que je pourrais réaliser pour les populations avec 2 ou 3 milliards d’investissement et 4 ou 5 milliards de fonctionnement à Abidjan », a-t-il soutenu.
Selon lui, le système de représentation proportionnelle devrait lui permettre d’intégrer un conseil municipal, quel que soit le résultat du scrutin. « Je serai candidat dans une commune d’Abidjan et, avec la proportionnelle, j’entrerai forcément dans un conseil municipal. La gouvernance de cette commune changera », a-t-il affirmé.
Un départ assumé et un bilan revendiqué, selon Assalé Tiémoko
Le maire sortant rejette par ailleurs toute idée d’un retrait motivé par une crainte électorale face au RHDP. « Le RHDP ne peut pas me battre à une élection à Tiassalé sans fraude : ils y sont minoritaires, tout le monde le sait, à commencer par eux-mêmes. Donc je ne fuis pas », a-t-il déclaré.
Assalé Tiémoko affirme avoir préparé sa succession à la tête de la commune. « J’ai formé une équipe capable de diriger cette commune et de faire mieux que moi, portée par un nouvel élan. Après dix ans à la même fonction, la routine peut s’installer et les erreurs de gouvernance se multiplier », a-t-il expliqué.
Bien que sa décision suscite des réticences au sein de la population, l’élu dit vouloir rester fidèle à ses engagements. Il rappelle qu’il avait annoncé dès 2018 qu’il ne briguerait pas un troisième mandat, engagement qu’il dit avoir réitéré lors d’une tournée dans la commune en 2024.
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Revenant sur son bilan, il souligne avoir obtenu deux Prix nationaux d’excellence décernés par l’État ivoirien. « J’ai sorti cette ville de l’oubli et redressé une mairie qui était en faillite. Nous avons repositionné Tiassalé parmi les communes qui comptent dans ce pays », a-t-il affirmé.
Illustrant cette évolution, il indique qu’en 2018, un terrain urbain de 500 m² se vendait environ 250 000 francs CFA, alors que la commune comptait près de 28 000 habitants.
« Aujourd’hui, ces mêmes terrains valent entre 3 et 5 millions de francs CFA en ville, et entre 1 et 2 millions en zone rurale dans le périmètre communal. En six ans, la population est passée de 28 000 à 46 000 habitants », a-t-il conclu, estimant que Tiassalé est désormais « une ville attractive ».
