À quelques semaines des examens du BEPC et du baccalauréat, le secteur de l’enseignement secondaire privé en Côte d’Ivoire traverse une période particulièrement difficile. Le recrutement de 1 800 enseignants par l’État, destiné à renforcer le système public, a entraîné un effet inattendu : un important départ de professeurs issus des établissements privés, notamment dans les disciplines scientifiques comme les mathématiques et la physique-chimie.
Si cette initiative publique est globalement saluée, elle place néanmoins de nombreuses écoles privées dans une situation critique. Depuis la mi-avril 2026, plusieurs établissements se retrouvent subitement dépourvus d’enseignants qualifiés. Les emplois du temps sont fortement perturbés et les programmes scolaires risquent de ne pas être achevés dans les délais impartis.
BEPC et BAC 2026 : Une rentrée en tension à l’approche des examens nationaux
Cette crise survient dans un contexte déjà fragile. De nombreuses écoles privées, qui accueillent une part importante d’élèves orientés par l’État, font face à des retards de paiement des frais de scolarité. Une situation qui complique davantage la capacité des établissements à retenir ou recruter des enseignants qualifiés. Dans le même temps, les nouveaux enseignants du public bénéficient de primes d’installation, un contraste qui suscite des frustrations dans le secteur privé.
Sur le terrain, les conséquences sont immédiates : interruption de la continuité pédagogique, surcharge de travail pour les enseignants restants, et dans certains cas, recours à du personnel non qualifié. Une situation qui pourrait impacter la qualité de l’enseignement, à un moment particulièrement sensible.
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Selon un responsable de la FENEPLACI, « nous sommes en pleine dernière ligne droite avant les examens nationaux. Les matières scientifiques, fortement coefficientées, sont justement celles où les manques sont les plus criants. Les élèves du privé se retrouvent sans encadrement suffisant pour les révisions et les examens blancs, ce qui accentue leur stress et leur incertitude ».
Face à cette urgence, les acteurs du secteur appellent à une concertation rapide. Ils proposent des mesures transitoires, notamment le maintien temporaire de certains enseignants dans leurs établissements d’origine et le règlement prioritaire des impayés. Pour eux, si le renforcement de l’enseignement public est une avancée, il ne doit pas se faire au détriment du privé, qui joue un rôle essentiel dans le système éducatif. Une solution rapide et équilibrée est attendue afin de préserver la réussite de milliers d’élèves.
