Ils sont onze prévenus dans cette procédure de blanchiment de capitaux : six personnes physiques et cinq entités morales, dont deux établissements bancaires. Parmi eux figurent deux figures politiques bien connues : un député, dont le dossier a été mis en suspens, et le maire d’une ville de l’intérieur du pays.
Les sociétés citées dans le dossier sont Prince Capital Limited, SK Global Investment Group SA et JYL International Group Consulting Limited. Côté institutions financières, la GT Bank SA et la Banque de l’Union (BDU) sont également mises en cause.
À la barre, ce mardi 7 avril 2026, comparaissaient le directeur général et administrateur de SK Global Investment Côte d’Ivoire ainsi que le directeur administratif et financier de la même structure, par ailleurs maire d’une localité de l’intérieur.
Blanchiment de capitaux : des flux financiers en espèces qui interrogent
À l’origine, la société-mère, SK Global Investment Congo, a été créée en 2003 en République démocratique du Congo. En 2021, ses dirigeants décident d’implanter une filiale en Côte d’Ivoire, avec pour activités le BTP, les études financières et commerciales, ainsi que la logistique et le transport.
Mais, selon les déclarations du directeur général, la filiale ivoirienne n’a pas réussi à décrocher de marchés. En attendant de générer ses propres ressources, elle se tourne alors vers la maison-mère. Une convention de financement est conclue et des appels de fonds sont lancés depuis Abidjan vers la RDC.
Face à des difficultés de transfert bancaire, la société-mère opte pour un circuit parallèle en recourant à une structure de transfert d’argent. Pendant 18 mois, près de 60 millions de FCFA sont ainsi acheminés en espèces vers Abidjan, avant d’être déposés en banque pour couvrir notamment les salaires.
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Interrogé par le tribunal et le ministère public sur l’existence d’accords formels avec les banques concernées, le directeur général répond par la négative.
À la question directe de l’avocat de l’État — « Faites-vous du blanchiment d’argent ? Êtes-vous un prête-nom ? » — le prévenu oppose une fin de non-recevoir : « À mon âge, à plus de 60 ans, je ne peux pas être un prête-nom. Depuis 1988, SK Group est ma neuvième société. Le circuit normal aurait été un transfert de banque à banque. »
Des réponses jugées évasives par l’accusation, qui alimentent davantage les interrogations autour des flux financiers en cause.

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