Bouaké : des élèves sous-officiers de l’ENSOA outillés sur la lutte antiterroriste

La Fondation Konrad Adenauer a formé à Bouaké des élèves sous-officiers de l’ENSOA sur les enjeux du terrorisme et les stratégies de lutte antiterroriste adaptées au contexte ivoirien.
Bouaké : des élèves sous-officiers de l'ENSOA outillés sur la lutte antiterroriste
ENSOA

La Fondation Konrad Adenauer a initié, les lundi 4 et mardi 5 mai 2026, une session de formation à l’École nationale des sous-officiers d’active de Bouaké (ENSOA) à l’intention des élèves sous-officiers. Cette initiative vise à renforcer leurs capacités de compréhension, d’analyse et de réaction face aux défis croissants liés à la lutte contre le terrorisme.

Durant deux jours, les participants ont été familiarisés avec les dynamiques de la menace terroriste en Afrique de l’Ouest, les impacts sécuritaires, sociaux et opérationnels du phénomène, ainsi que les réponses stratégiques adaptées au contexte ivoirien et régional. Des exercices pratiques en amphithéâtre ont également permis de consolider leurs aptitudes en matière de coordination et de prise de décision.

À l’issue de cette formation, les élèves sous-officiers devraient être mieux outillés pour cerner les fondamentaux de la menace terroriste, maîtriser les principales réponses opérationnelles et développer des réflexes analytiques dans des situations simulées.

A Bouaké, une analyse approfondie des mécanismes du terrorisme

La session a été animée par deux universitaires, Dr Koffi N’Dri Jean, enseignant-chercheur au département de sciences politiques de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké et directeur du séminaire Afrique de la défense au cours d’études supérieures de défense de l’école de guerre de Zambakro, ainsi que Dr Parfait N’Goran, enseignant-chercheur associé à la Chaire UNESCO de bioéthique de la même université.

Intervenant sur les thèmes « Introduction à l’étude du terrorisme : concepts, typologies et dynamiques » et « Enjeux et impacts de la lutte antiterroriste », Dr Koffi N’Dri Jean a exposé les différentes approches du terrorisme — sécuritaire, politique et sociologique — avant de détailler les typologies des groupes terroristes, les facteurs de radicalisation et l’évolution de la menace dans l’espace sahélo-ouest africain.

Selon lui, une compréhension fine des modes de recrutement, des idéologies, des circuits de financement et des mécanismes de fonctionnement des groupes armés constitue le préalable indispensable à toute stratégie efficace. Il a également insisté sur les conséquences multiples du terrorisme, notamment la désorganisation sociopolitique, les perturbations économiques, la psychose collective et l’affaiblissement des institutions.

Le spécialiste a en outre plaidé pour un renforcement de la sensibilisation des populations, une amélioration de l’employabilité des jeunes et une coopération accrue entre États de la sous-région, en particulier avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, afin de mutualiser les renseignements et les expériences de terrain.

Une approche multidimensionnelle saluée par le commandement

Pour sa part, Dr Parfait N’Goran est intervenu sur le thème « Mécanismes de réponse et stratégies de lutte antiterroriste ». Il a développé plusieurs axes essentiels, notamment la doctrine de lutte antiterroriste, le rôle du renseignement opérationnel, la coopération civilo-militaire, la prévention de la radicalisation et la stabilisation des zones sensibles.

Il a soutenu que la riposte au terrorisme doit reposer sur une approche multidimensionnelle articulée autour de la connaissance, du renseignement, de la stratégie et de l’action. Il a particulièrement mis l’accent sur le facteur humain, soulignant que l’efficacité du renseignement dépend largement de la confiance entre les forces engagées et les communautés locales.

Lire aussi : « La gauche ivoirienne, c’est Gbagbo » : la réponse nuancée d’un proche de Don Mello

Selon lui, les relations entre les populations frontalières et les forces de sécurité connaissent une amélioration progressive, même si la vigilance demeure indispensable face à l’évolution permanente des modes opératoires terroristes.

Le commandant de l’ENSOA, le lieutenant-colonel Yannick Djama, a indiqué que cette formation s’inscrit dans la volonté de renforcer la composante académique du cursus des élèves sous-officiers. Celle-ci vise, a-t-il expliqué, à élargir leur culture générale et à affiner leur perception des menaces sécuritaires contemporaines.

Il a estimé que la compréhension de la menace terroriste demeure un levier essentiel pour une meilleure prévention et une prise en compte efficace dans les missions opérationnelles. Saluant l’appui de la Fondation Konrad Adenauer, il a exprimé le souhait de voir ce partenariat se poursuivre afin de permettre à d’autres promotions de bénéficier de ce type de renforcement de capacités.

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