Le Burkina Faso accélère sa militarisation dans un contexte sécuritaire de plus en plus alarmant. Réuni en Conseil des ministres le vendredi 24 avril, le gouvernement burkinabè a examiné un projet de loi présenté par le ministre de la Guerre, Célestin Simporé, portant création d’une vaste réserve militaire nationale.
Ce texte prévoit le recrutement et la formation de 100 000 réservistes d’ici à la fin de l’année 2026 afin de consolider les capacités opérationnelles du pays dans la lutte contre les groupes armés terroristes. Cette nouvelle force sera structurée en deux composantes : d’une part, des anciens militaires ou personnels déjà aguerris, immédiatement mobilisables en cas de besoin ; d’autre part, des citoyens volontaires appelés à suivre une formation progressive avant leur intégration dans le dispositif de défense.
Selon Célestin Simporé, cette initiative vise à préparer « tous les citoyens en âge de se battre et de défendre la patrie », mais également ceux susceptibles d’intervenir lors de crises humanitaires majeures. Le pouvoir entend ainsi élargir considérablement sa base de mobilisation nationale.
Au Burkina Faso, un dispositif complémentaire aux VDP dans un Sahel sous haute tension
Bien que le Burkina Faso dispose déjà des Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP), cette nouvelle réserve est présentée comme un mécanisme plus structuré, durable et institutionnalisé. Pour les autorités, il s’agit d’un outil complémentaire rendu nécessaire par la dégradation persistante de l’environnement sécuritaire et les mutations géopolitiques dans la région sahélienne.
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Cette annonce intervient quelques jours seulement après une violente attaque contre la base militaire de Bagmoussa, dans la province du Koulpelogo, au centre-est du pays, qui aurait fait au moins 28 morts parmi les soldats et les VDP selon des sources sécuritaires.
Parallèlement, dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES), Ouagadougou a dénoncé les offensives coordonnées menées par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM) et le Front de libération de l’Azawad (FLA) contre plusieurs localités stratégiques du Mali voisin. Une situation qui confirme, aux yeux des autorités burkinabè, l’urgence de bâtir une force de réserve capable de soutenir durablement l’effort de guerre national.

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