Au Burkina Faso, l’ancien président de transition, l’ex-lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba est toujours détenu au secret à Ouagadougou, près de deux mois après son arrestation et son extradition depuis le Togo, le 17 janvier dernier. Sa famille affirme être sans nouvelles de lui depuis son incarcération.
Renversé en 2022 par l’actuel chef de la junte, Ibrahim Traoré, l’ancien dirigeant de la transition est désormais accusé par les autorités burkinabè d’être impliqué dans plusieurs tentatives de coup d’État. Arrêté puis extradé depuis le Togo le 17 janvier 2026, il demeure détenu depuis près de soixante jours sans qu’aucun avocat ne lui ait été officiellement attribué. Une situation qui alimente l’inquiétude de ses proches quant à ses conditions de détention.
Une détention au secret et des interrogatoires controversés
Le sort réservé par les autorités burkinabè à Paul-Henri Damiba reste entouré d’incertitudes. L’ancien chef de la transition serait détenu au secret dans une annexe de l’Agence nationale de renseignement du Burkina Faso à Ouagadougou.
Selon des informations rapportées par Radio France Internationale, il aurait été soumis à des interrogatoires qualifiés de « musclés », certains évoquant même des sévices physiques. Une source citée par le média établit un parallèle avec les violences dénoncées lors du procès de Koupéla en février dernier, où des magistrats accusés de corruption auraient subi des brutalités lors des interrogatoires — des faits dénoncés par leurs avocats au moment des plaidoiries.
Une défense toujours absente
Reste la question de la défense de l’ancien dirigeant. À ce stade, aucun avocat ne semble avoir été officiellement désigné pour représenter Paul-Henri Sandaogo Damiba.
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La justice burkinabè le poursuit notamment pour « détournement criminel de deniers publics », « enrichissement illicite », « corruption » et « incitation à la commission de délits et de crimes ». Mais en l’absence de défense déclarée et d’informations sur ses conditions de détention, la situation judiciaire de l’ex-président de transition demeure particulièrement opaque.
