Charles Blé Goudé s’est rendu à Nahio, dans le département d’Issia, pour rencontrer les habitants endeuillés par les violences du 25 octobre dernier, jour de l’élection présidentielle.

Cette sous-préfecture, considérée comme un bastion de l’opposition, a été le théâtre d’affrontements sanglants ayant fait cinq morts, dont une personne brûlée vive.
Des représailles meurtrières après la contestation du scrutin
Le jour du vote ayant reconduit Alassane Ouattara à la présidence, des jeunes de Nahio, opposés à un quatrième mandat du chef de l’État, avaient saccagé des urnes pour manifester leur désaccord. En réponse, des individus se réclamant du RHDP, parti au pouvoir, ont mené une expédition punitive. Bilan : cinq morts, plusieurs blessés et des maisons incendiées.
Aucune arrestation, malgré des suspects connus
Treize jours après le drame, les auteurs présumés de ces violences n’ont toujours pas été arrêtés, bien qu’une enquête ait été annoncée par le procureur de la République. Selon plusieurs témoins, les habitants connaissent pourtant l’identité de leurs agresseurs.
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Blé Goudé appelle à la solidarité et à la vérité
En visite dans le village, le président du COJEP a écouté les récits des rescapés et appelé à la solidarité nationale envers les victimes. Il a également exhorté les autorités à faire toute la lumière sur les événements :
« Il faut que nous fassions asseoir les deux communautés, a-t-il déclaré. Oui, il faut dialoguer pour rétablir la cohésion. Mais il faut aussi aller au fond du problème : d’où viennent ces armes ? Qui les détenait ? Et comment se les sont-ils procurées ? »
La question sensible des armes en circulation
Depuis son retour de La Haye, Charles Blé Goudé sillonne le pays pour prôner la paix et la réconciliation. À Nahio, il a de nouveau alerté sur la circulation d’armes dans certaines zones du pays, un phénomène qu’il juge inquiétant pour la stabilité nationale.
« C’est ce que je veux éviter, parce que je sais que ce n’est pas encore fini », a-t-il lancé devant les habitants.
Le silence de la justice
Malgré les promesses d’enquêtes et la gravité des faits, aucune arrestation n’a encore été rendue publique. Un silence judiciaire qui alimente l’incompréhension et la colère des familles endeuillées.
Pour Charles Blé Goudé, il est impératif que la justice se saisisse pleinement du dossier et que la provenance des armes utilisées à Nahio soit enfin élucidée. Un drame, dit-il, qui « ne doit pas être enseveli dans l’oubli ».
