Arrêté en décembre 2024, l’ancien secrétaire exécutif du Conseil national du tourisme (CNT), Aphing Kouassi N’dri, est au cœur d’une affaire de présumées infractions financières d’envergure. Le parquet a requis à son encontre une peine de 10 ans de prison ferme assortie de 500 millions de FCFA d’amende, dans un dossier impliquant également huit autres prévenus.
Les charges retenues sont particulièrement graves : détournement de deniers publics, faux et usage de faux en écriture privée de commerce ou de banque pour certains accusés, escroquerie portant sur des fonds, complicité de détournement de deniers publics ainsi que blanchiment de capitaux. Face à ces faits, le ministère public a appelé le tribunal à une réponse pénale sévère. Le conseiller technique de l’ex-responsable du CNT encourt également 10 ans de prison ferme et 150 millions de FCFA d’amende.
Deux autres prévenus, en fuite, Diarra Raja épouse Najem et Karamoko Hamed Yaya, font l’objet de mandats d’arrêt et risquent chacun 10 ans de prison ainsi que 50 millions de FCFA d’amende. Pour les autres mis en cause, les réquisitions oscillent entre 36 mois de prison ferme et des amendes comprises entre 10 et 150 millions de FCFA, selon les précisions rapportées par le journaliste Fernand Dédeh.
CNT : la défense conteste et invoque un dysfonctionnement administratif
Sur le plan civil, l’État ivoirien, engagé dans une dynamique de conformité aux standards du Groupe d’action financière (GAFI), soutient la nécessité de sanctions exemplaires afin d’améliorer son image et de sortir de la liste grise. L’avocat de l’État a insisté sur l’impact économique et réputationnel des faits de corruption présumés, estimant qu’ils causent un préjudice majeur au pays.
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En face, la défense tente de faire tomber les charges. L’avocat d’Aphing Kouassi N’dri met en avant un dysfonctionnement dans la chaîne de gestion des finances publiques. Il souligne que son client, nommé en février 2020, n’aurait reçu notification de son budget qu’en 2021, une situation qui aurait contraint l’administration à fonctionner sans ressources clairement allouées. Selon lui, aucun préjudice réel n’aurait été subi par l’État.
Dans ce contexte, la défense estime que les fonds mobilisés auprès de certains fournisseurs pour assurer le fonctionnement du CNT relèvent d’une gestion contrainte, et conteste les poursuites ainsi que les 500 millions de FCFA réclamés à titre de dommages et intérêts. Le tribunal a mis l’affaire en délibéré pour le 14 juillet 2026.
