La Côte d’Ivoire s’apprête à annoncer le prix garanti du cacao pour la campagne 2025-2026, dans un contexte régional bouleversé par la décision spectaculaire du Ghana. Début août, Accra a relevé le tarif payé aux producteurs de 3 100 à 5 040 dollars la tonne, soit une augmentation de 62,6 %. Une hausse sans précédent qui place la barre très haut pour Abidjan, premier producteur mondial de la fève.

Des attentes fortes chez les planteurs ivoiriens
Depuis avril 2025, les producteurs ivoiriens perçoivent 2 200 francs CFA par kilogramme, l’équivalent de 3 900 dollars la tonne. Ils observent désormais avec attention la stratégie de leur voisin, deuxième producteur mondial. Le gouvernement ghanéen, sous l’impulsion du président John Mahama, a promis de reverser au moins 70 % de la valeur FOB aux agriculteurs. « Les producteurs de cacao restent un pilier essentiel de notre économie », a déclaré le ministre ghanéen des Finances, Cassiel Ato Forson.
Un effet d’entraînement régional
Historiquement, le Ghana fixe ses prix avant la Côte d’Ivoire, entraînant souvent un ajustement d’Abidjan. Cette année encore, la dynamique pourrait se répéter. Les planteurs ivoiriens, qui espéraient déjà une hausse comprise entre 2 000 et 3 000 francs CFA lors des précédentes campagnes, pourraient légitimement revoir leurs attentes à la hausse. D’autant que l’écart de prix entre les deux pays alimente depuis des années la contrebande transfrontalière, un défi constant pour les autorités.
Une décision économique et politique majeure
En avril dernier, le gouvernement ivoirien avait déjà accordé une hausse de 22,2 %, portant le prix de 1 800 à 2 200 francs CFA le kilogramme, afin de suivre la flambée des cours mondiaux. À Londres, la tonne de cacao s’échange actuellement autour de 5 268 livres sterling, soit environ 3 055 dollars. Le Ghana a profité de ce contexte favorable pour lancer une politique ambitieuse incluant la gratuité des engrais et intrants agricoles.
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Un enjeu crucial pour la filière
Le Conseil du Café-Cacao, organe de régulation ivoirien, est désormais au cœur de l’arbitrage. Il lui faudra trouver un équilibre entre compétitivité régionale et meilleure rémunération des 600 000 producteurs du pays. La décision attendue dans les prochains jours fixera le cap d’une campagne 2025-2026 qui s’annonce décisive pour l’avenir de la filière.
