Le Parquet d’Abidjan a annoncé ce 1er octobre 2025 l’ouverture d’une procédure judiciaire contre Madame Gnabry Souhonon Marie Odette, épouse Lorougnon, à la suite de déclarations jugées haineuses, xénophobes et subversives.

Des propos déjà pointés du doigt
Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, lors d’une manifestation tenue le 27 septembre 2025 à Bonoua, l’opposante politique aurait tenu des propos incitant à la division et à la haine. Le communiqué du Procureur de la République rappelle qu’elle s’était déjà illustrée par des déclarations similaires le 6 septembre 2025 à Abobo, lors d’une tournée de sensibilisation.
Des propos jugés xénophobes et discriminatoires
Lors de son intervention, Mme Lorougnon s’en est directement prise au Procureur Braman Koné, mettant en doute son origine et sa légitimité. « Comme nous on dit on ne veut pas de 4e mandat, ils ont décidé à travers un procureur dont on ne sait d’où il vient, un certain procureur, un certain Braman Koné, on ne sait d’où il vient. Il est sorti du néant comme ça. Et c’est lui qui tient des meetings comme nous. Un procureur c’est la discrétion. Mais lui il tient des meetings avec les militants du RDR pour leur dire : je vais les poursuivre. Ce qui signifie qu’il est du côté du RDR et qu’il est militant du RDR. Et qu’il n’est pas procureur. Il est tout sauf procureur. » a-t-elle déclaré.
La responsable du PPACI a également utilisé des termes explicitement xénophobes et discriminatoires, que la justice considère comme dangereux pour la cohésion nationale et l’ordre public.
« Des bodjrodjan (des gens venant de loin ou étrangers en bambara et dioula, NDLR), des étrangers… d’où sort-il ? Et puis il apparaît comme ça et c’est lui qui menace toute la République. On te paie notre argent et puis tu mets ta famille à l’aise. Tous les Camara qui ont envahi la Côte d’Ivoire mettent leurs familles à l’aise. Et on ne sait pas d’où il vient. C’est lui qui traverse la lagune pour venir poursuivre les enfants de Côte d’Ivoire. »
Une comparution devant la section antiterroriste
Le Procureur estime que malgré les avertissements répétés adressés aux responsables politiques, Mme Lorougnon persiste dans ce type de discours, ce qui menace, selon lui, la cohésion sociale. Elle a été déférée ce 1er octobre devant la Section antiterroriste du Tribunal de Première Instance d’Abidjan pour répondre des faits qui lui sont reprochés.
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Les faits reprochés et la mise en garde du procureur
Les accusations portent notamment sur la provocation à l’insurrection, l’atteinte à l’autorité de l’État, la diffusion de fausses nouvelles ainsi que des propos à caractère tribaliste et xénophobe. Ces faits sont punis par plusieurs articles du Code pénal ivoirien.
Le Procureur a également tenu à préciser que l’appartenance à un parti politique n’accorde aucune immunité face à la justice et que la liberté d’expression ne saurait justifier de tels propos.
