Dans un communiqué publié mardi 27 janvier 2026, l’ancien vice-président du PPA-CI, aujourd’hui engagé dans les cercles panafricanistes internationaux, dresse un constat sévère de la nouvelle équipe gouvernementale mise en place par le président Alassane Ouattara.
Selon lui, la composition annoncée le 23 janvier ne traduit aucune rupture politique. « Cette nouvelle équipe gouvernementale, loin d’incarner une rupture, s’inscrit clairement dans une logique de continuité », écrit-il, évoquant une trajectoire assumée vers un « parti-État hégémonique ».
Reconduit à la Primature, Robert Beugré Mambé a formé un gouvernement de 34 ministres, très proche du précédent. La principale nouveauté réside dans la création d’un poste inédit de vice-Premier ministre, confié à Téné Birahima Ouattara, frère cadet du chef de l’État, qui conserve en parallèle le portefeuille stratégique de la Défense.
Un gouvernement à « deux capitaines » et la question de la succession
C’est cette nouvelle architecture institutionnelle qui concentre l’essentiel des critiques. Pour Ahoua Don Mello, elle brouille la chaîne de commandement au sommet de l’exécutif et installe une ambiguïté durable dans l’exercice du pouvoir, créant de facto un système de gouvernance à double centre décisionnel.
Cette lecture trouve un écho dans le débat public. Pour plusieurs observateurs, la nomination de Téné Birahima Ouattara consacre une montée en puissance progressive, amorcée depuis son élection à la députation à Abobo et renforcée par sa gestion du ministère de la Défense depuis 2021. Un signal politique fort qui relance la question de la succession au sommet de l’État.
« Quid de la relève annoncée par le Président de la République, Président du RHDP ? », s’interroge Ahoua Don Mello, évoquant deux scénarios : soit une transition démocratique assumée au sein du parti au pouvoir, soit une régression institutionnelle, qu’il associe symboliquement à la Charte de Kurukan Fuga, au « grand désarroi des démocrates ».
Lire aussi : Dicoh Garba : l’homme derrière le plat national ivoirien
Dans un contexte mondial marqué par les recompositions géopolitiques et la montée en puissance du Sud global, l’ancien responsable politique appelle à l’émergence d’une alternative structurée. Selon lui, seule une « gauche plurielle, organisée et consciente de ses responsabilités historiques » pourrait faire contrepoids à une consolidation durable d’un système dominé par un parti-État.
Alors que les ministres prennent progressivement leurs fonctions et que les passations de charges se poursuivent, une chose est déjà acquise : la création du poste de vice-Premier ministre s’impose comme l’un des points les plus sensibles — et les plus commentés — du nouveau quinquennat.
