Les opérations de déguerpissement menées à Abidjan, notamment à Vridi 3, Petit Bassam, Toviato et dans plusieurs autres zones de la commune de Port-Bouët, ravivent les tensions entre la municipalité et le District autonome. Dans une correspondance adressée au ministre-gouverneur, le maire de Port-Bouët, Dr Sylvestre Emmou, par l’intermédiaire de son directeur de cabinet, a vivement contesté toute implication de la mairie dans ces actions, menées selon lui de manière unilatérale.
La municipalité dénonce des méthodes qu’elle qualifie de « sale besogne », estimant que le District tente à tort de l’associer à ces opérations. Elle rappelle par ailleurs que des engagements avaient été pris en 2024 par le ministre-gouverneur, assurant une approche concertée dans le traitement des sites concernés. La mairie affirme avoir été mise devant le fait accompli, alors même que des milliers de familles se retrouvent aujourd’hui sans solutions d’accompagnement, en pleine saison des pluies et en période d’examens.
La mairie de Port-Bouët plaide pour la concertation et la restructuration urbaine
Face à cette situation, la mairie de Port-Bouët défend une approche différente, axée sur la régularisation et la restructuration des zones concernées, en collaboration avec le BNETD et sous la supervision du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme. Ce projet pilote vise, selon elle, à offrir aux populations la possibilité d’obtenir des titres fonciers et d’améliorer durablement leurs conditions de vie.
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Tout en réaffirmant son rejet des déguerpissements menés sans concertation, la municipalité dit rester ouverte au dialogue avec le District. Elle insiste sur la nécessité de la tenue régulière des réunions du Conseil du District, afin d’assurer une meilleure coordination des politiques publiques. La mairie appelle également à une prise en charge urgente des populations affectées, aussi bien à Port-Bouët que dans d’autres communes touchées d’Abidjan.
Dans ce contexte, la correspondance du maire met en lumière des divergences persistantes dans la gouvernance urbaine, entre logique d’assainissement rapide et approche sociale de la restructuration, tandis que les populations concernées attendent des solutions durables.
