Dans une contribution diffusée le vendredi 15 mai 2026, le nommé Douglas Mountain accuse le ministre-gouverneur Cissé Ibrahima Bacongo de mener des opérations de déguerpissement brutales et unilatérales à Abidjan, notamment le rasage du bidonville « Obama » à Yopougon sans solution de recasement.
Selon lui, Cissé Bacongo ignore le comité interministériel présidé par le Premier ministre, défie l’autorité et empiète sur les compétences de l’AMUGA pour la mobilité urbaine. Dans un amalgame et un mélange de genres visant manifestement à dénigrer, il lui reproche également la fermeture du parc à bétail de Port-Bouët sans concertation avec le ministère des Ressources animales. Douglas Mountain souligne aussi que Cissé Bacongo évite soigneusement la commune d’Abobo, dirigée par la puissante Kandia Camara, pour s’attaquer à Yopougon, dont le maire est affaibli. Il dépeint un gouverneur agissant en « électron libre », sans contre-pouvoir, semant la souffrance parmi les populations précaires alors que le gouvernement avait promis des réhabilitations.
Réponse à Douglas Mountain
Monsieur Mountain,
Votre chronique mérite qu’on s’y arrête, non pour son fond, mais pour la facilité avec laquelle elle enchaîne les procès d’intention. Vous écrivez depuis un anonymat confortable, ce qui vous autorise toutes les audaces. Le district autonome d’Abidjan aurait pourtant été ravi de vous convier à une visite de terrain, pour vous montrer ce que vos certitudes ignorantes refusent de voir : des vies humaines menacées chaque saison des pluies par des habitations construites sur des ouvrages de drainage.
Vous dites que Bacongo « rase sans solution ». Mais quelle solution attendre quand des familles s’installent dans des zones inondables, sur des caniveaux, au milieu des déchets ? Aimer les couches sociales, ce n’est pas les maintenir dans une précarité mortifère en attendant un hypothétique plan de recasement parfait. C’est d’abord les protéger du danger immédiat. Les intempéries tuent chaque année à Abidjan. Le ministre-gouverneur a choisi de ne pas attendre de nouveaux drames, d’autres drames.
Vous lui reprochez d’agir seul. C’est là votre plus grave contresens. Cissé Bacongo ne travaille pas en circuit fermé. À Adjamé, Treichville, Attécoubé, Plateau, Port-Bouët, il intervient dans le cadre strict des compétences exclusives du district, ou en coordination avec les mairies. Le cas d’Abobo que vous agitez comme un trophée est pourtant édifiant : si aucune opération d’ampleur n’y a eu lieu, c’est justement parce que le district n’y a pas de prérogatives directes sur certains espaces. Vous le savez, mais vous choisissez de l’ignorer pour alimenter votre thèse d’un Cissé Bacongo « peureux » face à Kandia Camara, alors qu’il n’en est rien. Votre argument tient plus de la petite chronique mondaine que de l’analyse sérieuse.
Quant à la prétendue « peur » d’Abobo, permettez-nous de sourire. L’homme qui a présidé aux sanctions des élus indisciplinés de son propre parti n’a pas besoin de faire la démonstration de son courage. Il agit là où la loi le permet, où l’urgence le commande, et aussi quand il est le bienvenu, contrairement aux apparences et aux coups qu’il accepte de prendre pour passer pour le méchant et le mauvais garçon face à des élus locaux chics et gendres parfaits, pas capables de faire du mal à une mouche, à plus forte raison déguerpir.
Vous évoquez le comité interministériel et l’AMUGA. Mais savez-vous seulement que les compétences en matière de déguerpissement sur les emprises publiques et les axes routiers relèvent du district ? Que l’AMUGA elle-même travaille en lien étroit avec le district ? Votre argumentation juxtapose des institutions sans en comprendre l’articulation. Ce n’est pas du « mépris » que de faire respecter les textes, c’est de la responsabilité et de la maturité.
Le fond de votre pensée est pourtant clair : vous préférez l’immobilisme. Vous voudriez que les quartiers précaires restent en l’état, que les trottoirs demeurent obstrués, que les caniveaux continuent d’être bâtis. Pour quoi ? Pour ne pas « brutaliser » des populations ? Mais les brutaliser, c’est justement les laisser mourir sous les décombres au prochain orage. Le ministre-gouverneur a choisi une ligne claire : sauver des vies, dans le cadre de la vision présidentielle d’une Côte d’Ivoire solidaire et moderne, d’une Grande Nation, d’une Grande Côte d’Ivoire. Il a fait sa part. Les maires et le gouvernement joueront leur partition pour la suite. Personne ne sera abandonné sans soutien, dans la rue. Rassurez-vous à cet effet.
Lire aussi : BEPC 2026 : retrait des convocations, ce qu’il faut savoir avant les épreuves orales
Vous l’accusez d’être un « électron libre ». C’est précisément le contraire. Bacongo applique une politique, celle du gouvernement, avec une efficacité que d’autres n’ont peut-être pas. Il ne se croit au-dessus de personne : ni du président, ni du vice-président, ni du Premier ministre. Il fait simplement son travail, avec audace, intelligence et dynamisme.
Votre analyse, cette fois, a tapé à côté. Les précédentes étaient plus inspirées. Revenez sur le terrain, Monsieur Douglas Mountain. Laissez votre adresse électronique et venez voir, de vos yeux, ce que signifie vraiment agir pour les populations. Au plaisir de vous lire prochainement.
Laurent Oupoh
2252025laurentoupoh@gmail.com

[…] Lire aussi : Côte d’Ivoire – Douglas Mountain s’en prend à Cissé Bacongo : réponse à un ‘’encagoul… […]