Le procureur de la République de Toumodi a annoncé, mardi 22 octobre, le décès de Konan Paul Kacou, 46 ans, à Kami, près de Yamoussoukro. L’homme a été mortellement blessé lors d’affrontements entre manifestants et gendarmes, à quelques jours de l’élection présidentielle du 25 octobre.

Les faits
Selon le communiqué officiel, “dans la matinée du mardi 21 octobre, des individus participaient à un attroupement sur la voie publique et bloquaient les accès au village de Kami en érigeant des barricades”. Les gendarmes dépêchés sur place ont procédé au démantèlement des obstacles. “Alors qu’il aidait les forces de l’ordre, un homme a reçu une pierre à la tête. Evacué d’urgence au centre de santé des armées de la 6ᵉ légion de gendarmerie territoriale, il est décédé de ses blessures”, précise le procureur.
Le médecin-chef a conclu à “une mort violente par traumatisme crânien causé par un objet contondant”. Une enquête a été ouverte pour identifier les responsables.
Trois morts depuis le début des manifestations
Ce décès porte à trois le nombre de morts recensés depuis la reprise des manifestations contre un quatrième mandat du président sortant Alassane Ouattara.
- 20 octobre, Daloa : Kprohi Marc Géraude, 34 ans, est décédé lors de son évacuation vers le Centre hospitalier régional après l’interpellation lors d’un barrage.
- 20 octobre, Agboville : le sous-lieutenant de gendarmerie Daniogo Klenon Lassina a été tué par balle lors d’une opération de dispersion.
Climat tendu à l’approche de l’élection
Depuis la mi-octobre, plusieurs villes, dont Daloa, Agboville, Yamoussoukro et Ouragahio, ont été le théâtre d’affrontements sporadiques entre manifestants et forces de l’ordre. Routes bloquées, pneus brûlés et interventions musclées sont signalés régulièrement.
Le gouvernement justifie ces opérations par la nécessité de maintenir l’ordre public, tandis que l’opposition dénonce une “répression disproportionnée” contre des citoyens protestant pacifiquement.
Le contexte politique
La tension est liée au rejet par le Conseil constitutionnel de plusieurs candidatures d’opposition : Laurent Gbagbo (condamnation judiciaire), Tidjane Thiam (double nationalité), et Pascal Affi N’Guessan (parrainages non conformes).
En revanche, la candidature du président sortant Alassane Ouattara, 83 ans, a été validée pour un quatrième mandat. L’opposition parle d’une “violation flagrante” de la Constitution de 2016, tandis que le pouvoir rappelle que la révision de 2020 “a remis les compteurs à zéro”.
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Appels à la mobilisation pacifique
Alors que la campagne électorale se termine jeudi soir, les partis d’opposition regroupés au sein du Front commun PPA-CI–PDCI appellent à “poursuivre la mobilisation pacifique pour défendre la démocratie et la souveraineté populaire”. Le gouvernement promet, de son côté, des élections “dans le calme et la transparence”.
