Au Mali, le groupe jihadiste Jnim a revendiqué une embuscade, le 9 mars, contre un convoi de l’armée malienne et de ses partenaires russes de l’Africa Corps, près de Nampala, dans la région de Ségou, à proximité de la frontière mauritanienne.
Si le Jnim n’a pas précisé le bilan de l’attaque, plusieurs sources locales contactées par RFI évoquent une dizaine de militaires tués, dont au moins trois combattants russes. Selon une source sécuritaire malienne, le nombre exact pourrait être de onze. L’armée malienne n’a pas réagi officiellement à cette attaque.
L’embuscade s’est produite près du village de Louguel, au sud-ouest de Nampala, quelques jours seulement après l’exécution de sept personnes par l’armée malienne et l’Africa Corps dans la même zone.
Au Mali, une possible réponse aux exécutions et aux abus contre les civils
Certains observateurs y voient une réaction du Jnim aux exactions récentes des forces maliennes et de leurs alliés russes. Vendredi dernier, à Ahl El Kory, sept personnes – présentées comme civiles par les sources locales – avaient été exécutées. Selon Heni Nsaibia, chercheur sur le Sahel pour l’ONG Acled, l’embuscade pourrait être « une réaction aux abus contre les civils et possiblement à quelques combattants du Jnim tués ».
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Depuis 2022, la région de Nampala est frappée par des exécutions extra-judiciaires, des destructions de points d’eau et des massacres de bétail, vitaux pour les populations locales. Ces dernières se trouvent ainsi prises entre le marteau et l’enclume, subissant à la fois la pression des jihadistes de la Katiba Macina du Jnim, qui imposent leurs règles et taxes par la force, et les opérations militaires de l’armée et de ses partenaires russes.
