Le tribunal criminel spécialisé de Libreville les a reconnus coupables de détournement de fonds publics, blanchiment d’argent, recel, corruption et usurpation de fonctions.
Selon le réquisitoire du procureur général, Eddy Minang, les deux membres de la famille Bongo auraient mis en place un vaste système de captation de l’argent public « au profit d’intérêts privés », pour un montant évalué à plusieurs milliards de francs CFA.
Des amendes et des réparations financières colossales
Le président de la cour, Jean Mexant Essa Assoumou, a suivi les réquisitions du parquet et a infligé à chacun une amende de 100 millions de francs CFA (environ 152 000 euros). Noureddin Bongo, âgé de 33 ans, devra en outre rembourser 1 200 milliards de francs CFA (près de 2,1 milliards de dollars) au titre du préjudice causé à l’État gabonais.

Un pouvoir familial dénoncé
D’après les témoignages de coaccusés et de témoins, Sylvia et Noureddin auraient profité de la fragilité d’Ali Bongo, victime d’un AVC en 2018, pour exercer le pouvoir de manière officieuse et détourner d’importantes sommes issues du Trésor public. Le jeune Bongo est également accusé d’avoir versé 500 millions de francs CFA à des membres du Centre gabonais des élections (CGE) afin d’obtenir une décision favorable à son père lors du scrutin de 2023.
Lire aussi : Inscriptions ouvertes au BTS 2026 : tout ce qu’il faut savoir
Une nouvelle ère politique pour le Gabon
Ali Bongo, quant à lui, avait été renversé par un coup d’État en août 2023, mené par le général Brice Oligui Nguema, aujourd’hui président de la République.
Cette condamnation marque un tournant symbolique pour le Gabon, qui tente depuis la chute du clan Bongo de rompre avec un demi-siècle de gestion opaque et de corruption au sommet de l’État.
