Selon le communiqué du Procureur du Faso près le Tribunal de Grande Instance de Ouaga I, rendu public le 12 novembre 2025, l’enfant a été séquestré, ligoté et privé de nourriture pendant plusieurs jours.
Un enfant grièvement blessé et sauvé de justesse
Les violences ont provoqué une putréfaction avancée des deux mains de l’enfant, nécessitant une intervention médicale d’urgence pour éviter une amputation. L’enfant a d’abord été pris en charge par la Croix-Rouge, puis transféré à l’hôpital Saint Camille, où son état de santé est désormais stable grâce au soutien de la Direction provinciale de l’Action humanitaire.
Selon ses premières déclarations, les tortures lui auraient été infligées parce qu’il n’avait pas rapporté la somme d’argent exigée par son maître.
Le maître coranique sous les verrous
Interpellé par la police avec l’aide de la Fédération des Associations des Écoles coraniques, le maître coranique a été déféré au parquet le 6 novembre 2025 et placé sous mandat de dépôt. Il est poursuivi pour séquestration, torture et coups et blessures volontaires. Son procès est prévu pour le 19 novembre 2025.

Le Procureur du Faso, Bakouli Blaise Bazie, a dénoncé des faits d’une cruauté inqualifiable et une violation flagrante des droits de l’enfant. Il a rappelé qu’un enfant confié pour une éducation religieuse ne doit jamais devenir un esclave ni une source de revenus.
Un appel à la vigilance et à la dénonciation
Dans son communiqué, le Procureur a mis en garde tous ceux qui, sous couvert d’enseignement religieux, exploitent les enfants ou les forcent à mendier. Il a rappelé que ces pratiques sont punies par la loi burkinabè d’une peine allant jusqu’à dix ans de prison et une amende de plusieurs millions de francs CFA.
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Il a également appelé la population à signaler tout cas de maltraitance, d’exploitation ou de violence faite aux enfants auprès de la police, de la gendarmerie ou des services sociaux, soulignant que « la vigilance de chaque citoyen peut sauver une vie ».
Enfin, le Procureur a salué la réactivité de la Fédération des Associations des Écoles coraniques, dont la dénonciation a permis de secourir l’enfant et de faire avancer l’enquête.
