La gestion de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire, pilier de l’économie nationale, est traversée par des divergences de plus en plus marquées entre le ministre de l’Agriculture et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné, et le directeur général du Conseil du Café-Cacao, Yves Brahima Koné. Selon des informations rapportées par le média spécialisé Africa Intelligence, un désaccord profond porterait notamment sur l’évaluation des stocks résiduels de cacao et la fiabilité des données officielles.
Le ministre aurait exprimé des réserves sur les chiffres initialement communiqués, estimant nécessaire de procéder à un nouvel inventaire. Les vérifications engagées auraient mis en évidence un écart significatif entre les données officielles et les volumes réellement disponibles : environ 123 000 tonnes de cacao invendues annoncées initialement, contre plus de 350 000 tonnes recensées lors des nouveaux contrôles. Cette différence soulève des interrogations sur la traçabilité des stocks et le suivi des opérations de commercialisation.
Gouvernance de la filière du cacao et bataille d’influence au sommet
Au-delà de la question des stocks, la controverse s’étend à la gouvernance globale de la filière. Le ministre souhaiterait renforcer les exigences de transparence, notamment en accédant à des informations plus détaillées sur les contrats conclus entre le Conseil du Café-Cacao et les exportateurs, afin de mieux encadrer les volumes engagés et les mécanismes d’écoulement de la production.
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Cette dynamique s’inscrit dans un contexte de tensions institutionnelles croissantes, marqué par une lutte d’influence entre les principaux acteurs de la filière. D’après les mêmes sources, la direction du CCC, portée par Yves Brahima Koné, bénéficierait de soutiens au sommet de l’État, tandis que les réformes de contrôle impulsées par le ministère de l’Agriculture susciteraient des résistances.
Malgré ces divergences, les opérations de déstockage se poursuivent, notamment à travers l’attribution de quotas complémentaires destinés à fluidifier l’écoulement du cacao encore entreposé dans les coopératives. Dans un contexte où la Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial de cacao, ces tensions mettent en lumière les enjeux de transparence et de gouvernance d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.

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