Des documents internes russes, analysés par un consortium de médias d’investigation, mettent en lumière une stratégie d’influence visant la Côte d’Ivoire, pays historiquement allié à la France. Selon ces révélations datant de 2024, l’opposant ivoirien Guillaume Soro ainsi que des personnes présentées comme proches de Laurent Gbagbo auraient été approchés dans ce cadre.
D’après Jeune Afrique, les documents — environ 1 400 — proviendraient d’un réseau de consultants en communication lié à Evgueni Prigojine. Ils décrivent la Côte d’Ivoire comme un « terrain de combat informationnel ». De son côté, RFI rapporte que des services russes auraient évoqué des « réunions de travail » tenues en juillet 2024 avec Guillaume Soro et des membres de l’entourage de Laurent Gbagbo.
Déjà perçu comme proche de Moscou, Guillaume Soro s’était rendu en Russie en 2022 et affiche des positions favorables à l’Alliance des États du Sahel (AES). En exil dans cette zone — qui regroupe notamment le Mali, le Burkina Faso et le Niger — il critique régulièrement la gouvernance du président Alassane Ouattara.
Démentis et positions nuancées autour de Laurent Gbagbo concernant les russes
Les proches de Laurent Gbagbo contestent toutefois ces allégations. Jean-Gervais Tchéidé, cadre du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), affirme qu’aucun contact avec des services russes n’a eu lieu parmi les véritables proches de l’ancien chef d’État.
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Sur le plan diplomatique, il précise que Laurent Gbagbo porte « un bon regard » sur les régimes militaires de l’AES, tout en insistant sur le principe de souveraineté dans leurs relations avec la Russie. Cette position s’inscrit dans une ligne nuancée : l’ancien président avait condamné le coup d’État au Niger en juillet 2023, tout en s’opposant à une intervention militaire de la CEDEAO visant à rétablir le président Mohamed Bazoum.
Par ailleurs, la visite en 2024 de Justin Koné Katinan au Burkina Faso avait suscité des controverses. Président du Conseil stratégique du PPA-CI, il avait affiché son soutien au régime militaire de Ouagadougou, alimentant les accusations de proximité entre le parti et les autorités issues de coups d’État — dans un contexte de relations tendues avec le pouvoir d’Abidjan.

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