Face à la recrudescence des inondations dans le Grand Abidjan et plusieurs localités du pays, Assalé Tiémoko plaide pour la mise en place d’un « autre programme présidentiel d’urgence ». L’ancien député-maire de Tiassalé estime qu’il devient impératif pour les autorités de prendre des mesures fortes afin de mettre un terme à une situation qui affecte durablement les populations et ternit l’image de la Côte d’Ivoire.
Chaque saison des pluies replonge en effet les habitants d’Abidjan dans l’angoisse. Malgré les dispositifs annoncés par le gouvernement, les inondations continuent de provoquer d’importants dégâts humains et matériels. Selon l’Office national de la protection civile (ONPC), 18 personnes ont perdu la vie dans les inondations enregistrées en 2025.
Pour Assalé Tiémoko, ces catastrophes ne peuvent plus être considérées comme de simples phénomènes naturels. « À force de se répéter chaque année aux mêmes périodes, ces inondations cessent d’être naturelles : elles deviennent la conséquence de nos irresponsabilités », dénonce-t-il.
Inondations en Côte d’Ivorie : un plan d’urgence pour l’assainissement et la libération des emprises
L’ancien parlementaire propose ainsi un vaste programme d’assainissement à l’échelle nationale. Ce plan devrait, selon lui, permettre de démolir les constructions anarchiques, de libérer les voies d’évacuation des eaux et de restaurer les espaces occupés illégalement.
Toutefois, Assalé Tiémoko insiste sur la nécessité d’accompagner ces opérations d’une procédure rigoureuse d’indemnisation des populations concernées.
Dans la même dynamique, il appelle les autorités à sanctionner sévèrement les personnes qui autorisent ou facilitent les constructions sans permis. Il estime que ces pratiques engagent la responsabilité de leurs auteurs, notamment en cas d’effondrement d’immeubles causant des pertes en vies humaines. Il demande également des mesures fermes contre les occupations illégales de terrains et les constructions forcées.
Pour lui, l’objectif est clair : « laisser l’eau circuler, rétablir l’ordre naturel et sauver des vies ».
Des mesures gouvernementales jugées insuffisantes
Conscientes des risques liés à la saison pluvieuse, les autorités ivoiriennes avaient pourtant annoncé plusieurs mesures préventives lors d’une réunion présidée en avril dernier par le Premier ministre Robert Beugré Mambé. Face aux prévisions de 1 500 millimètres de pluie attendus cette année, le gouvernement avait misé sur des campagnes de sensibilisation, le nettoyage des canaux d’évacuation, l’identification des zones à risque ainsi que la mise en place d’un dispositif d’intervention rapide.
Lire aussi : Le Congo supprimera les visas pour les Africains dès 2027
Le ministre de l’Hydraulique, Amédé Kouakou Koffi, avait également mis en avant les travaux réalisés dans le cadre du Projet d’assainissement et de résilience urbaine (PARU), notamment à Cocody et Yopougon, avec la construction d’ouvrages de drainage.
Le Centre interministériel de gestion des crises a, pour sa part, été chargé d’assurer le suivi avant, pendant et après la saison des pluies afin de coordonner les interventions d’urgence.
Les autorités rappellent par ailleurs que certains comportements inciviques aggravent considérablement les inondations, notamment le déversement d’ordures dans les caniveaux et le dénudement des sols. Elles appellent ainsi les populations à adopter des pratiques plus responsables pour limiter les risques.
