L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé son intention de quitter la présidence du Parti des Peuples Africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI) après les élections législatives prévues le 27 décembre prochain. Il a également fait part de son projet d’effectuer un voyage dans les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), une fois la situation politique intérieure apaisée.

Un retour médiatique très attendu
Très attendu dans un contexte politique marqué par de fortes tensions, Laurent Gbagbo est sorti de son silence lors d’une interview accordée à Afo Média, animée par le journaliste Alain Foka. Interrogé sur son avenir, alors qu’il n’est pas candidat à la présidentielle du 25 octobre, l’ancien chef de l’État a laissé entendre qu’il s’apprête à passer le relais.
« Il y a beaucoup de choses à faire. D’abord, il faut que je conduise le parti jusqu’à ce qu’on sorte de tout ce brouhaha », a-t-il expliqué, avant d’ajouter :
« Ensuite, je vais prendre du temps pour moi-même et pour ma petite famille. Je vais vivre, écrire… Il y a des moments où il faut savoir s’arrêter. Au moment du congrès, j’aurai 81 ans. C’est beaucoup. »
Une annonce dans un climat de tension
Cette déclaration intervient alors que la scène politique ivoirienne est sous haute tension. Depuis le 11 octobre, plusieurs villes du pays sont le théâtre d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, à la suite du rejet par le Conseil constitutionnel des candidatures de Laurent Gbagbo (PPA-CI) et de Tidjane Thiam (PDCI-RDA).
Le président Alassane Ouattara, quant à lui, a été autorisé à briguer un quatrième mandat, une décision qui alimente la colère d’une partie de l’opposition.
Face à cette situation, l’ancien chef de l’État a exprimé son soutien aux manifestants mobilisés contre ce qu’il qualifie de « braquage électoral ».
« Je ne donne pas l’ordre aux gens d’aller voter. Et ceux qui manifestent contre ce braquage électoral, je les soutiens. Qu’il n’y ait pas d’ombre de doute. Je suis avec eux et je les encourage », a-t-il déclaré, accusant le pouvoir d’être à l’origine des violences actuelles par la répression des marches de l’opposition.
Un voyage prévu au Sahel
Au cours de l’entretien, Laurent Gbagbo a également évoqué la dégradation des relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) — le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Il a annoncé son intention de se rendre prochainement dans ces pays une fois la situation nationale stabilisée.
« Quand on aura fini avec tous nos spectacles ici, j’irai certainement faire un tour dans ces pays pour saluer les jeunes dirigeants, discuter avec eux et leur transmettre la salutation d’un citoyen ivoirien », a-t-il confié.
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Une critique directe d’Alassane Ouattara
Pour Laurent Gbagbo, les tensions diplomatiques actuelles découlent principalement de l’alignement d’Abidjan sur la politique de Paris.
« Ces pays ont pris des positions claires contre la France. Donc, le président Ouattara adopte une attitude pour défendre les intérêts de la France. Il n’y a pas autre chose », a estimé l’ancien président, sans détour.
Par Kevin AKA
