Une analyse sévère du processus électoral
Dans une déclaration officielle, l’ADCI, fondé en juin 2024 par Assalé Tiémoko, dresse un constat critique des législatives. S’il reconnaît ses propres insuffisances organisationnelles, le mouvement met surtout en cause des dysfonctionnements structurels qu’il estime préjudiciables à la sincérité du vote et à la confiance démocratique.
Rendue publique le mercredi 14 janvier 2026, la déclaration revient sur l’échec électoral du parti, qui n’a remporté aucun siège parlementaire malgré la présentation de 47 candidats à travers le pays. Une issue jugée décevante, mais révélatrice, selon l’ADCI, d’un malaise plus profond au sein du processus électoral.
Des limites internes assumées
Le mouvement rappelle avoir abordé ces élections avec l’ambition de porter la voix des citoyens à l’Assemblée nationale. Il admet toutefois plusieurs faiblesses internes, notamment sa jeunesse organisationnelle, une implantation territoriale encore inachevée, des ressources financières limitées et une expérience inégale de ses candidats. Autant de facteurs qui, selon l’ADCI, ont pesé sur ses performances électorales.
Des pratiques électorales décriées
Pour l’ADCI, ces limites ne sauraient à elles seules expliquer les résultats du scrutin. Le parti dénonce un environnement électoral marqué par l’achat de votes, des pressions exercées sur les électeurs et les candidats, des violences localisées ainsi que des délocalisations de bureaux de vote, notamment dans certaines circonscriptions comme Tiassalé. Des pratiques qui, selon le mouvement, faussent la compétition et découragent la participation citoyenne.
Une participation en forte baisse, surtout à Abidjan
Autre sujet d’inquiétude majeur soulevé par l’ADCI : la chute significative du taux de participation, particulièrement dans les grandes villes. À Abidjan, celui-ci oscillerait entre 10 et 24 %. Le mouvement y voit un signal d’alarme pour la démocratie ivoirienne, traduisant une rupture de confiance entre les citoyens, les institutions électorales et le processus démocratique.

Contentieux électoral : des réserves exprimées
Sur le plan juridique, deux candidats de l’ADCI ont saisi le Conseil constitutionnel pour contester les résultats dans les circonscriptions de Tiassalé-Morokro et de Yopougon. Le parti dit prendre acte du rejet de ces recours, tout en exprimant des réserves sur la gestion du contentieux, notamment l’absence de décisions motivées et la circulation d’informations non officielles sur les réseaux sociaux avant toute communication institutionnelle.
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Appel à une réforme de la CEI
Se réclamant d’une posture républicaine, l’ADCI appelle à une refondation en profondeur de l’organe en charge des élections. Selon le mouvement, la Commission électorale indépendante (CEI) peine aujourd’hui à inspirer la confiance des citoyens. Malgré cet échec électoral, l’ADCI affirme sa volonté de poursuivre son combat démocratique à travers « la citoyenneté active, la veille citoyenne et l’engagement pacifique », convaincu que l’expression politique ne se limite pas au seul cadre parlementaire.
