À la veille du scrutin, le député sortant, Assalé Tiémoko ne cache pas son inquiétude. Il parle d’une véritable « industrie du faux électoral », affirmant que des milliers de cartes d’électeur auraient été reproduites pour orchestrer une fraude à grande échelle, un mécanisme qu’il dit avoir identifié lors de la reprise du vote en 2023.
« Des dizaines de personnes, y compris certains membres de mon équipe, ont été empêchées de voter parce que d’autres s’étaient déjà présentés avec leurs cartes », rapporte-t-il. Selon lui, ce phénomène n’est pas nouveau, mais il s’accentue avec le temps. Déjà en 2023, son adversaire du RHDP avait signalé des irrégularités auprès du Conseil d’État. Aujourd’hui, Assalé Tiémoko affirme disposer de preuves tangibles.
Une fraude organisée à 5000 F le vote
L’enquête menée par son équipe a révélé un système bien structuré. Au centre de vote Saint-Joseph, une femme a été retrouvée en possession de la carte d’un autre électeur, ce qui a entraîné l’intervention rapide de la police et de la gendarmerie. Plusieurs individus ont été arrêtés avec des cartes falsifiées.
Lors des auditions, les fraudeurs ont expliqué que ces cartes leur avaient été fournies par des intermédiaires, contre 5000 F par vote. Cependant, les personnes arrêtées ont été relâchées sans suite judiciaire, « sur intervention inconnue », selon Assalé Tiémoko, laissant planer des suspicions de protection.

Le député sortant insiste sur la complicité nécessaire pour ce type de fraude. « Ce système ne pourrait fonctionner sans la collaboration d’agents en charge des tablettes de vérification biométrique », affirme-t-il, laissant entendre l’implication possible de membres de la Commission électorale indépendante (CEI).
Une offensive juridique anticipée
Pour les législatives 2025, Assalé Tiémoko prend les devants. Il a déjà alerté la CEI sur ce qu’il décrit comme un phénomène de duplication de cartes par des officines spécialisées. Il prévoit également des mesures concrètes pour documenter chaque cas de fraude.
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« Nous avons demandé, conformément à la loi, l’intervention de commissaires de justice pour recueillir les témoignages de toutes les personnes affirmant que d’autres ont voté à leur place », explique-t-il. Cette démarche vise à constituer un dossier solide en cas de contestation des résultats.
Le ton se durcit quand il évoque ses adversaires : « Certains citoyens respectent les règles démocratiques, d’autres s’en moquent et, convaincus qu’ils ne pourraient gagner dans un scrutin transparent, mettent en place des systèmes de fraude », dénonce-t-il.
Assalé Tiémoko promet d’être intraitable : « Je porterai personnellement plainte contre quiconque sera trouvé en possession d’une carte d’électeur qui ne lui appartient pas », avertit-il, lançant un signal fort aux réseaux de fraude présumés.
Avec Europe24.fr
