Libération de Mamadou Hawa Gassama : Le 30 janvier dernier, la justice ivoirienne l’avait reconnu coupable d’avoir offensé le président Alassane Ouattara. Les poursuites faisaient suite à des propos tenus en septembre 2022, au plus fort des tensions diplomatiques entre Bamako et Abidjan autour de l’affaire des 49 soldats ivoiriens arrêtés au Mali. À cette occasion, Gassama avait qualifié Alassane Ouattara « d’ennemi du Mali » et affirmé détenir des « preuves » de son implication présumée dans une tentative de déstabilisation de la junte malienne.
Ancien député, Mamadou Hawa Gassama avait été interpellé le 2 juillet à l’aéroport d’Abidjan, à l’issue d’un séjour familial en Côte d’Ivoire, alors qu’il s’apprêtait à regagner Bamako. Après son audition par la Direction de la surveillance du territoire (DST), il avait été inculpé puis placé en détention provisoire à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).
Une mesure de clémence aux accents diplomatiques face à Gassama
Le député malien a été libéré le 10 février, après avoir passé un peu plus de sept mois en détention. Son avocat, l’ancien ministre malien de la Justice Mamadou Ismaïla Konaté, a annoncé sa remise en liberté dans la soirée, précisant qu’elle faisait suite à une grâce présidentielle accordée par décret du chef de l’État ivoirien.
« Je l’ai trouvé en forme, lucide et surtout profondément soulagé de voir cette séquence judiciaire s’achever », a déclaré Me Konaté dans un message publié sur X. Il a également remercié toutes les personnes qui se sont mobilisées « avec constance et dignité » pour parvenir à cette issue. Initialement, Mamadou Hawa Gassama envisageait de faire appel de sa condamnation, une démarche devenue sans objet après la grâce présidentielle.
La possibilité d’une telle mesure avait été évoquée dès l’annonce du verdict. Selon certaines sources, Me Konaté serait intervenu auprès des autorités ivoiriennes pour plaider en faveur de son client, mettant en avant son âge, 67 ans, ainsi que les excuses adressées au président ivoirien dans un courrier daté du 10 juillet. Dans cette lettre, il exprimait ses « plus sincères regrets » et ses « plus profondes excuses », tout en affirmant son respect et son admiration pour Alassane Ouattara.
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Cette décision rappelle la grâce accordée en janvier 2023 par Assimi Goïta aux 49 soldats ivoiriens détenus plusieurs mois au Mali. Leur arrestation en juillet 2022 puis leur condamnation à 20 ans de prison en décembre de la même année avaient provoqué une grave crise diplomatique entre les deux pays. La mesure prise par le chef de la transition malienne avait alors été interprétée comme un geste d’apaisement.
Bien que désormais libre, Mamadou Hawa Gassama reste soumis à certaines restrictions, notamment une interdiction de séjour en Côte d’Ivoire pour une durée de trois ans.
