Le Mali traverse l’une des journées les plus sombres de son histoire sécuritaire récente. Le général Sadio Camara, ministre malien de la Défense, a été tué samedi 25 avril 2026 lors d’une attaque ciblée contre sa résidence de Kati, en périphérie de Bamako, dans un contexte d’assauts simultanés menés par les groupes armés JNIM et FLA à travers le pays.
Plusieurs médias internationaux et sources sécuritaires confirment que cette vague d’attaques constitue l’offensive la plus spectaculaire enregistrée contre la junte depuis 2012.
Une attaque meurtrière au cœur du pouvoir malien
Selon les premières informations, la résidence du ministre de la Défense a été frappée par un véhicule piégé lors d’un assaut lancé à l’aube contre plusieurs sites hautement stratégiques. L’attaque a entièrement détruit le domicile officiel situé à Kati, ville-garnison qui abrite également des infrastructures militaires sensibles proches de Bamako. La mort du général Sadio Camara, figure centrale de la junte au pouvoir et proche du président Assimi Goïta, intervient alors que des tirs nourris et des explosions ont été signalés autour du palais présidentiel de Koulouba, du ministère de la Défense ainsi que de l’aéroport international de Bamako.
Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, a revendiqué ces opérations en annonçant une coordination inédite avec le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement séparatiste touareg. Cette alliance circonstancielle a permis aux assaillants de frapper simultanément plusieurs villes, exposant la vulnérabilité du dispositif sécuritaire malien malgré l’appui des forces russes déployées sur le terrain.
Kidal reprise, Bamako sous tension et l’incertitude autour du régime
Pendant que Bamako vivait sous les détonations, la situation a basculé dans le nord du pays. Le FLA a annoncé avoir repris le contrôle total de Kidal, ancienne place forte rebelle reconquise par l’armée malienne et les paramilitaires russes en novembre 2023. Des combats restent signalés autour de Gao et Sévaré, tandis que plusieurs témoignages évoquent des replis désordonnés des unités loyalistes. Sur les réseaux spécialisés et les forums de suivi du conflit sahélien, de nombreux observateurs décrivent une démonstration de force sans précédent des groupes insurgés, capables de manœuvrer de Kidal à Kati sur plus de mille kilomètres.
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Malgré un communiqué officiel affirmant que « la situation est sous contrôle », les autorités maliennes peinent à dissiper les interrogations sur l’état réel du pouvoir. Le sort du président Assimi Goïta et de plusieurs hauts responsables sécuritaires demeure flou. Dans ce climat de confusion, le JNIM a adressé un message direct à Moscou en proposant de ne plus viser les forces russes en échange de leur neutralité, une offre immédiatement rejetée par la diplomatie russe. À Bamako, les principaux axes menant aux symboles de souveraineté restent verrouillés par les forces de sécurité, signe d’une crise encore loin d’être contenue.
