Pourtant, derrière cette modestie, Salah sait ce qui l’attend. À 32 ans, il a déjà perdu deux finales de CAN et connaît l’exigence des compétitions africaines. « En Afrique, il n’y a plus de matches faciles. Les niveaux sont très proches », prévient-il. Face à la Côte d’Ivoire, championne en titre et soutenue par son public, l’Égypte devra rester concentrée et éviter toute surestime de ses forces. Le message de Salah à ses coéquipiers est clair : avancer étape par étape.
Une génération jeune et sans pression
Salah explique sa retenue par la jeunesse de son groupe : « Nous avons beaucoup de jeunes joueurs, dont la majorité évolue en Égypte. Nous nous battons pour notre pays, et ensuite nous verrons jusqu’où cela peut nous mener. » Cette nouvelle génération manque encore d’expérience au plus haut niveau, et le sélectionneur Hossam Hassan compte sur ses cadres pour encadrer ces talents.
La victoire face au Bénin illustre cette dynamique. Menés une grande partie du match, les Pharaons ont dû attendre la prolongation pour s’imposer. « Physiquement, nous étions un peu meilleurs en prolongation, et cela nous a donné l’avantage », explique Salah, auteur du but du 3-1. Cette fraîcheur a été préservée grâce à un turnover stratégique lors du dernier match de poules contre l’Angola, où Salah avait été ménagé.
Le poids de l’histoire sur les épaules
Si l’Égypte n’est pas présentée comme favorite, Salah porte un fardeau personnel : il n’a jamais remporté la CAN, contrairement à son entraîneur Hossam Hassan. Finaliste malheureux en 2017 et 2021, il reste un leader essentiel pour son équipe. « Il guide les jeunes et assume ses responsabilités », souligne Hassan.

Au Maroc, Salah poursuit également son record de buts en sélection. Avec 66 réalisations, il n’est plus qu’à trois unités du record de Hossam Hassan (69). Mais pour l’attaquant de Liverpool, les statistiques sont secondaires. « On ne voit plus d’équipes perdre 4 ou 5-0, et cela veut dire beaucoup », rappelle-t-il, insistant sur la difficulté de chaque match.
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Un choc prometteur contre la Côte d’Ivoire
Le quart de finale s’annonce intense. Les Éléphants, champions l’an dernier à domicile, veulent confirmer leur domination continentale. Les Égyptiens, eux, misent sur l’expérience de Salah et la dynamique positive de leurs trois victoires consécutives. « Nous avons affronté une équipe bien organisée, avec un bon entraîneur. Ce n’était pas simple, mais nous sommes heureux d’avoir gagné à la fin », conclut le capitaine égyptien à propos du Bénin.
