À Yopougon, Awa se souvient encore de ce dimanche après-midi. Alors qu’elle préparait le riz, son fils curieux s’approcha. Le couvercle du faitout se souleva, et la vapeur brûlante jaillit. En une fraction de seconde, l’enfant fut brûlé au bras. Ce qui aurait dû être un moment ordinaire de préparation familiale se transforma en cauchemar. La cuisine, cœur de la maison, apparaît alors comme l’un de ses espaces les plus dangereux.
Les chiffres qui alertent
Les services d’urgence estiment que près de 40 % des admissions pour brûlures proviennent d’accidents domestiques. Les enfants, curieux et imprévisibles, sont les premières victimes, suivis des personnes âgées, moins réactives. En Côte d’Ivoire, l’absence de statistiques nationales complètes complique l’évaluation du phénomène. Pourtant, les hôpitaux d’Abidjan signalent une recrudescence des accidents, notamment dans les logements exigus où la promiscuité augmente les risques. Chaque chiffre cache une histoire de douleur et de résilience.
Pourtant, la prévention reste insuffisante. Peu de familles connaissent les gestes simples : éloigner les enfants de la cuisine, vérifier l’état des ustensiles, utiliser des gants de protection, ne jamais laisser une marmite sans surveillance. Ce déficit d’information entretient un cercle vicieux : les accidents se répètent, les familles souffrent, et le problème demeure sous-estimé.
Prévention et sensibilisation : un défi encore trop vaste
Des associations locales distribuent des brochures, certains fabricants équipent leurs faitouts de systèmes de sécurité, et des campagnes digitales ciblent les jeunes parents. Mais ces efforts restent fragmentaires. Les autorités sanitaires reconnaissent le problème, mais les hôpitaux manquent de moyens pour traiter les brûlures graves, les logements sociaux ne sont pas toujours sécurisés, et la prévention domestique n’est pas intégrée dans les écoles.
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« Un accident domestique, c’est la rencontre entre l’ordinaire et l’imprévu. Et c’est souvent l’imprévu qui gagne », souligne un urgentiste du CHU de Treichville.
Le faitout, symbole de convivialité et de partage, rappelle que la maison n’est jamais totalement sûre. Derrière la chaleur des repas se cache une menace silencieuse : celle des accidents domestiques, qui exigent vigilance et précautions dans la banalité des gestes quotidiens.
