Le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté sa démission au président Emmanuel Macron, qui l’a acceptée, selon un communiqué officiel de l’Élysée. Nommé le 9 septembre, il quitte ses fonctions moins d’un mois après son entrée en fonction, dans un climat politique particulièrement tendu.

Un départ précipité après des critiques et des tensions politiques
Depuis l’annonce partielle de la composition de son gouvernement dimanche soir, Sébastien Lecornu faisait face à de vives critiques, notamment de l’opposition et d’une partie de la droite. Il devait prononcer mardi sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, un moment clé de tout début de mandat.
Mais ce lundi matin, tout a basculé. « Les conditions n’étaient plus remplies pour que je puisse exercer ma fonction », a-t-il déclaré dans la cour de Matignon, exprimant son regret face à un contexte politique devenu intenable.
Un discours de lucidité et de désillusion
Le Premier ministre démissionnaire a évoqué plusieurs raisons à son départ. Selon lui, le choix de renoncer à l’usage de l’article 49.3 de la Constitution, censé redonner du pouvoir au Parlement, « n’a pas permis ce choc de se dire qu’on peut faire différemment ». Il a également dénoncé « la posture » des partis politiques, qui continueraient à agir « comme s’ils avaient tous la majorité absolue ».
Sébastien Lecornu a regretté que la composition de son gouvernement ait provoqué « le réveil de quelques appétits partisans, parfois non sans lien avec l’élection présidentielle », avant de conclure qu’il faut « toujours préférer son pays à son parti ».
Les réactions politiques se multiplient
Dans la foulée de cette démission, les réactions n’ont pas tardé à tomber. Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, a proposé sur le réseau X « une rencontre cet après-midi aux organisations fondatrices de la NUPES et du NFP afin d’envisager toutes les hypothèses ouvertes » par ce départ surprise.
De son côté, Marine Le Pen a salué « une mesure de sagesse » et estimé que « la seule décision sage est d’en revenir aux urnes ». Pour la présidente du Rassemblement national, cette démission « règle la question de la censure » et devrait conduire à « une dissolution absolument incontournable ».
Lire aussi : Éliminatoires du Mondial 2026 : 02 forfaits majeurs chez les Éléphants
La classe politique se prépare désormais à une nouvelle phase d’incertitude, tandis que l’Élysée devra nommer rapidement un nouveau chef du gouvernement pour tenter de rétablir la stabilité politique.
