Le mercredi 15 avril 2026, en Conseil des ministres, le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye a procédé au remplacement du directeur général de la Santé, le professeur Ousmane Cissé. Après dix-neuf mois à la tête de l’administration sanitaire nationale, ce dernier, présenté comme proche du Premier ministre Ousmane Sonko, cède sa place à Youssouph Tine, ancien directeur régional de la santé à Ziguinchor, en Casamance.
Cette décision intervient dans un contexte politique sensible et a rapidement suscité des réactions au sein de la mouvance du Pastef. La section des cadres du secteur de la santé a dénoncé une éviction jugée brutale et non justifiée, estimant que le départ du professeur Cissé n’a pas été accompagné d’explications officielles suffisantes.
Les responsables de cette frange du parti mettent également en cause le ministre de la Santé, le Dr Ibrahima Sy, qu’ils accusent de chercher à écarter certains militants du Pastef des responsabilités administratives. Le ministère, pour l’heure, n’a pas réagi publiquement à ces accusations ni au remaniement.
Par ailleurs, certaines sources évoquent l’existence de procédures judiciaires impliquant le professeur Cissé, notamment une affaire d’injures en ligne liée à un différend avec le directeur de l’hôpital Aristide Le Dantec, qui aurait pu peser dans la décision. Son profil militant au sein du Pastef alimente également les interrogations sur la nature du remplacement.
Au Sénégal, une décision contestée sur fond de tensions politiques
Du côté de la présidence, Bassirou Dieng, chargé de la communication de la coalition « Diomaye président », rejette toute lecture partisane de ce changement. Il affirme que les nominations et révocations relèvent des prérogatives constitutionnelles du chef de l’État et ne répondent pas à une logique d’exclusion politique ciblée.
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Il souligne également que si des considérations partisanes guidaient les décisions, celles-ci toucheraient un nombre bien plus important de responsables administratifs. Dans le même temps, cette décision s’inscrit dans une série de remaniements récents ayant concerné plusieurs personnalités proches d’Ousmane Sonko, notamment le départ de Bassirou Kébé de la SN-HLM en février et la nomination d’un nouveau président du conseil d’administration du Grand Théâtre en mars, remettant au centre du débat la question des relations entre pouvoir politique et administration publique.
