La présidente du Mouvement des générations capables (MGC), Simone Ehivet Gbagbo, a présenté, lundi 8 juin 2026 à Abidjan, une proposition de loi organique visant à créer un nouvel organe chargé de l’organisation des élections en Côte d’Ivoire.
Dévoilée lors d’une conférence de presse réunissant responsables politiques, représentants de la société civile et acteurs des médias, cette initiative se veut une réponse aux interrogations récurrentes sur la crédibilité du système électoral ivoirien. Selon l’ancienne Première dame, la réforme proposée ambitionne de renforcer la confiance des citoyens et des acteurs politiques dans le processus électoral.
Un organe électoral sans représentants politiques ni gouvernementaux, Simone Gbagbo
Au centre du projet figure le Haut conseil électoral (HCE), présenté comme une innovation institutionnelle majeure. Selon Simone Gbagbo, cette nouvelle instance serait totalement indépendante de l’exécutif et des partis politiques. Sa composition reposerait sur des personnalités issues des « forces morales et sociales de la nation », sélectionnées à travers des appels publics à candidatures, des enquêtes de moralité, des auditions publiques retransmises à la télévision ainsi qu’un contrôle parlementaire.
« Pour la première fois, les arbitres ne seraient plus choisis parmi les compétiteurs », a-t-elle déclaré, estimant que cette approche permettrait de garantir une administration électorale impartiale, stable et crédible, à l’abri des alternances politiques et des rivalités partisanes. Le futur HCE bénéficierait également d’une autonomie budgétaire destinée à préserver son indépendance.
Un appel à un débat national autour de la réforme
Pour la présidente du MGC, l’indépendance de l’organe électoral constitue un préalable indispensable à l’acceptation des résultats des scrutins et au renforcement de la paix sociale. « Nous voulons construire une institution suffisamment crédible pour que chaque candidat accepte les règles du jeu avant le scrutin et que chaque citoyen ait confiance dans son vote », a-t-elle expliqué.
Lire aussi : Afrique du Sud : Kemi Seba face à une possible extradition vers le Bénin
Présentée comme une contribution au débat démocratique, cette proposition de loi a été élaborée avec le concours de plusieurs partis politiques et organisations de la société civile. Simone Gbagbo a invité l’ensemble des acteurs nationaux — pouvoir, opposition, autorités religieuses et traditionnelles, ainsi que la société civile — à examiner et enrichir le texte.
« Examinons ensemble cette proposition. Critiquons-la. Améliorons-la. Mais ne laissons pas passer l’occasion historique qui s’offre aujourd’hui à notre pays. Le Haut conseil électoral est la réponse que nous proposons à cette exigence. Nous la soumettons humblement à la nation », a-t-elle plaidé.
