Une mesure confirmée malgré les négociations
TVA de 18 % : L’Association des industriels de la filière avicole (AIFA) a confirmé, le 29 décembre, l’entrée en vigueur de cette taxation prévue par l’annexe fiscale pour la gestion 2026. Cette décision intervient malgré les négociations menées par les acteurs du secteur pour éviter l’application de la TVA sur l’aliment de volaille.
Dans un communiqué adressé aux présidents des principales associations d’éleveurs — ANAVICI, UACI, UNACI et ANAM-CI — ainsi qu’aux revendeurs, l’AIFA précise que ses membres appliqueront la TVA dès le 2 janvier 2026 et appelle l’ensemble des acteurs à informer et sensibiliser leurs adhérents.
Des hausses de prix immédiates et significatives
L’impact sur les prix sera direct. Selon les professionnels du secteur, le sac d’aliment « démarrage », actuellement vendu à 19 000 FCFA, enregistrera une hausse de 3 420 FCFA pour atteindre 22 420 FCFA. L’aliment « croissance » passera quant à lui de 18 000 FCFA à 21 240 FCFA, soit une augmentation de 3 240 FCFA.
Une filière sous menace inflationniste
Dans son communiqué, l’AIFA alerte sur les risques inflationnistes de cette mesure, estimant qu’elle pourrait fragiliser l’ensemble de la chaîne de valeur avicole. L’association affirme néanmoins sa solidarité avec les éleveurs et se dit prête à engager, à leurs côtés, des discussions avec les autorités afin de protéger la filière et d’en assurer un développement équilibré.

Inquiétude et mobilisation des éleveurs
Du côté des éleveurs, l’inquiétude est manifeste. La hausse du coût de l’aliment risque d’amputer des marges déjà faibles et d’augmenter sensiblement les coûts de production. Une réunion d’urgence du bureau exécutif de l’ANAM-CI devrait se tenir dans les prochains jours afin de définir les mesures à prendre et coordonner une réponse collective.
Vers une hausse des prix pour les consommateurs face au TVA ?
Les acteurs du secteur devront désormais s’adapter à cette nouvelle donne fiscale. La taxation pourrait entraîner une révision des prix de vente de la volaille, avec des répercussions possibles sur le marché local et le pouvoir d’achat des consommateurs.
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Un secteur stratégique pour l’économie nationale
La filière avicole ivoirienne demeure un pilier de l’économie nationale, avec un chiffre d’affaires annuel estimé à 250 milliards de FCFA et plus de 100 000 emplois directs et indirects. En 2020, elle a produit plus de 68 000 tonnes de viande de volaille et 1,33 milliard d’œufs.
Alors que le gouvernement ambitionne de porter la production nationale à 200 000 tonnes de viande de volaille d’ici 2030, les éleveurs devront désormais concilier nouvelles obligations fiscales et viabilité économique de leurs exploitations.
Avec Europe24.fr
