L’ambiance était électrique le lundi 19 mai 2025, au consulat du Maroc à Abidjan. Une hausse soudaine des frais de visa Maroc a provoqué la colère de nombreux demandeurs, certains empêchés de récupérer leur passeport, d’autres surpris par des montants qu’ils n’avaient ni prévus ni les moyens de payer.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, la nouvelle grille tarifaire est entrée en vigueur dans la journée du 19 mai 2025, sans communication préalable. Une décision qui a semé la confusion, même au sein du personnel consulaire.
Des tarifs désormais liés à la durée du visa Maroc
Les frais de visa pour le Maroc sont désormais déterminés par la durée du séjour. Voici les nouveaux montants constatés :
• Visa de 1 à 3 mois : tarif inchangé (14.000F)
• Visa de 6 mois et multiple entrée : environ 28.000 FCFA
• Visa de 1 an et multiple entrée : désormais fixé à environ 55.000 FCFA, contre 23.000 FCFA auparavant
Des demandeurs pris de court
De nombreux usagers venus récupérer leur passeport ont été refoulés, incapables de régler les nouveaux tarifs.
Parmi eux, un homme particulièrement remonté a failli en venir aux mains avec les agents consulaires. Il avait prévu un court séjour de 3 jours et s’est vu attribuer un visa affaire d’un an, avec un coût de 55.000 FCFA, alors qu’il ne disposait que des 14.000 FCFA initialement exigés.

Face à son refus, l’agent consulaire lui a proposé deux options :
1. Régler immédiatement la somme de 55.000 FCFA
2. Revenir le lendemain (mardi) pour prendre un autre visa au tarif de 14.000 FCFA
Mais le demandeur devait embarquer mardi matin à 5h, avec un billet non modifiable. Tout report lui aurait coûté des pénalités importantes. Pris de panique et en colère, il a tenté de provoquer un cafouillage, obligeant les agents à intervenir.
Un changement précipité, même pour les agents
Certains membres du personnel consulaire, visiblement déboussolés, ont confié qu’ils avaient été informés au dernier moment.
L’un d’eux a indiqué que des visas d’un an ont été attribués à certains demandeurs pour anticiper un afflux massif de dossiers, en lien avec la CAN 2025 prévue au Maroc.
Un manque flagrant de communication
Aucune affiche, aucune note d’information, aucun canal officiel n’a été utilisé pour prévenir les usagers de ce changement tarifaire majeur. Résultat : une vague d’incompréhension, d’indignation et de tensions au sein du consulat.

Une gestion qui laisse à désirer
Cette réforme tarifaire, aussi légitime soit-elle, aurait mérité plus de transparence et une période de transition. Sa mise en œuvre brutale risque de ternir l’image du consulat et d’alimenter la méfiance. Pour un consulat censé incarner la diplomatie et le service public, cette gestion précipitée laisse un goût amer chez de nombreux citoyens ivoiriens désireux de se rendre au Maroc.
Par Mohamed KONATE
