Amnesty International a lancé un appel pressant aux autorités ivoiriennes, les accusant de réprimer les manifestations pacifiques de l’opposition. Dans un communiqué publié ce jeudi, l’organisation dénonce l’interdiction de rassemblements et l’arrestation de plus de 250 personnes à Abidjan, exhortant le gouvernement à garantir le droit de réunion.

Arrestations massives après des interdictions
Amnesty International estime que l’État « échoue à respecter le droit à la liberté de réunion pacifique ». L’ONG cite notamment la dispersion d’une manifestation et l’arrestation de 255 personnes, survenues après les décisions du Conseil national de sécurité et du préfet d’Abidjan d’interdire plusieurs mobilisations de l’opposition début octobre.
Le Conseil national de sécurité avait pourtant annoncé le 2 octobre que « toutes les mesures nécessaires » seraient prises pour l’ordre public, interdisant toute contestation des décisions du Conseil constitutionnel. En conséquence, des rassemblements prévus les 4 et 11 octobre ont été interdits.
Usage de la force et exigences d’Amnesty
Lors de la manifestation du 11 octobre, des forces de sécurité auraient eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser des groupes, notamment dans le quartier de Cocody, selon l’analyse de témoignages et vidéos par Amnesty. Les autorités ont confirmé 237 arrestations à Abidjan et 18 à Dabou.
Marceau Sivieude, directeur régional d’Amnesty pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, a exigé la libération immédiate de toute personne détenue pour avoir « exercé pacifiquement ses droits humains ».
L’organisation demande également :
- L’accès aux avocats et l’information des familles pour les détenus.
- La publication de la liste complète des interpellés et les chefs d’accusation.
- Une enquête sur tout recours « inutile et excessif à la force ».
Contexte électoral tendu
Cette escalade intervient dans un climat pré-électoral très tendu. La candidature à un quatrième mandat du président sortant, Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2010, est fortement contestée. Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a validé sa candidature tout en écartant celles de figures majeures de l’opposition comme Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam.
Lire aussi : Concours des agents pénitentiaires : 644 admis sur plus de 17 000 candidats
L’opposition, mobilisée, a appelé à des « manifestations quotidiennes » pour exiger un dialogue politique inclusif avant le scrutin du 25 octobre, suite à l’interdiction et la dispersion de leurs rassemblements. Amnesty International rappelle que « la manifestation pacifique est un droit, non un privilège », et exhorte l’État à « respecter, protéger et faciliter la liberté de réunion pacifique ».
