Après l’adoption d’une révision constitutionnelle le samedi 4 avril 2026, instaurant un poste de vice-président, les sénateurs ont validé, mardi 7 avril, une modification du code électoral qui reconfigure de manière notable l’organisation locale et le calendrier politique.
Parmi les principales mesures figure la suppression de la limite de 18 mois encadrant la prorogation des mandats des conseillers municipaux. Désormais, l’exécutif peut prolonger ces mandats par décret, sans plafond de durée. Dans le même temps, les élections législatives, déjà reportées, sont désormais prévues pour 2027.
Au Cameroun : Opposition mobilisée, majorité sereine face aux critiques
Ces évolutions ont suscité des réactions immédiates dans les rangs de l’opposition. Sur Facebook, l’ancien ministre et candidat à la présidentielle, Issa Tchiroma Bakary, exilé en Gambie depuis novembre 2025, a appelé la diaspora camerounaise à s’organiser face à ce qu’il dénonce comme des pratiques contraires aux principes démocratiques.
De son côté, Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), a lancé une pétition en ligne pour alerter sur ce qu’il considère comme un bouleversement institutionnel majeur. Une mobilisation qui trouve toutefois peu d’écho auprès du camp présidentiel, lequel minimise les critiques et défend la légitimité des réformes engagées.
Au sein du MRC, Me Emmanuel Simh conteste l’idée d’une adhésion implicite de la population et plaide pour un recours au référendum afin de valider ces changements. Il s’inquiète notamment de la possibilité pour le chef de l’État de désigner à l’avance son successeur en cas d’empêchement, sans validation par le suffrage universel.
Lire aussi : Perturbations de l’eau à Anyama ce 10 avril : voici les zones concernées
À l’inverse, des responsables du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) invoquent des précédents historiques pour justifier ces dispositions, estimant qu’elles s’inscrivent dans une continuité institutionnelle et que l’opposition en surestime la portée.
Dans un contexte politique tendu, aucune mobilisation de rue n’est annoncée. Les opposants évoquent des risques de répression, tandis que des discussions se poursuivent au sein de la société civile pour envisager des réponses collectives aux récentes décisions.

[…] Lire aussi : Au Cameroun, le nouveau cadre institutionnel divise pouvoir et opposition […]