À Bamako, le Mali, le Niger et le Burkina Faso cherchent à consolider leur alliance régionale

La capitale malienne accueille, ce lundi 22 décembre, un rendez-vous politique majeur pour l’avenir du Sahel central. Les chefs d’État du Mali, du Niger et du Burkina Faso se retrouvent à Bamako pour un sommet de 48 heures placé sous le signe du renforcement de la coopération régionale. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la structuration de l’Alliance des États du Sahel (AES), devenue un cadre central de coordination entre les trois régimes issus de transitions militaires.
Bamako
Assimi Goïta, Abdourahamane Tiani et Ibrahim Traoré, lors du premier sommet ordinaire de l’AES, à Niamey, le 6 juillet 2024. © REUTERS/Mahamadou Hamidou

À leur arrivée à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou de Bamako, le général Abdourahamane Tiani et le capitaine Ibrahim Traoré ont été accueillis par leur homologue malien, le général Assimi Goïta. Une image soigneusement mise en scène, qui illustre la volonté affichée d’unité politique et stratégique entre les trois pays membres de l’AES.

La sécurité au cœur des discussions

Sans surprise, les questions de défense et de sécurité dominent l’agenda de ce sommet. Confrontés à une insécurité persistante et à la menace des groupes jihadistes, le Mali, le Niger et le Burkina Faso entendent accélérer la mise en œuvre de la Force unifiée de l’AES. Les chefs d’État doivent notamment échanger avec le commandement de cette force conjointe, encore en phase d’installation, mais présentée comme un pilier de la nouvelle architecture sécuritaire sahélienne.

Ce choix stratégique s’inscrit dans la rupture assumée avec le G5 Sahel, que les trois pays ont quitté ces derniers mois. En se détachant de ce cadre soutenu par des partenaires occidentaux, les dirigeants de l’AES revendiquent une approche souveraine de la lutte contre le terrorisme, fondée sur des moyens et des décisions internes.

Bamako
Les membres de l’AES

Coopération politique et projets structurants

Au-delà de l’aspect militaire, le sommet de Bamako vise également à consolider l’intégration politique et économique de l’espace AES. Les chefs d’État doivent entériner la création de la Télévision de l’AES, un média commun dont le siège sera installé à Bamako. Ce projet symbolise la volonté de construire un discours régional maîtrisé, en rupture avec les canaux d’information jugés hostiles ou biaisés par les autorités sahéliennes.

Les discussions portent aussi sur la relance du projet de banque commune d’investissement, régulièrement évoqué lors des précédentes rencontres. L’objectif affiché est de disposer, à terme, d’un outil financier capable de soutenir des projets structurants et de réduire la dépendance vis-à-vis des institutions financières internationales.

Lire aussi : Au Maroc, pourquoi le prince héritier ne serre pas la main lors des cérémonies officielles

Les enjeux régionaux en toile de fond

La situation sécuritaire dans les pays voisins figure également parmi les sujets abordés. La récente tentative de coup d’État à Cotonou suscite une attention particulière, notamment en raison des frontières partagées entre le Bénin, le Niger et le Burkina Faso. Pour les dirigeants de l’AES, ces échanges d’informations relèvent d’une logique de prévention et de stabilité régionale.

En se réunissant à Bamako pour ce deuxième sommet, les chefs d’État de l’AES cherchent à donner de la consistance à une alliance encore jeune, mais ambitieuse. Derrière les symboles et les déclarations, l’enjeu est désormais de traduire cette volonté politique en actions concrètes, capables de répondre aux défis sécuritaires, économiques et institutionnels qui continuent de fragiliser le Sahel.

Avec Europe24.fr

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