« Dans mon travail, tout événement requiert vigilance et mesures de sécurité, mais le décès d’un artiste (Dj Arafat) capable de mobiliser des foules implique des risques accrus pour l’ordre public », explique Vincent Toh Bi.
Sur le terrain dès les premières heures
Immédiatement sur les lieux, Vincent constate que l’information n’est pas encore largement répandue. Peu de jeunes sont présents, mais au petit matin, les réseaux sociaux annoncent la mort de l’artiste. Les forces de sécurité prennent toutes les précautions nécessaires pour anticiper des réactions émotionnelles irrationnelles.
En quelques heures, la foule se densifie sur certains sites, mais reste globalement disciplinée. Quelques incidents légers surviennent : parades de moto et bagarres isolées, sans gravité majeure.
L’artiste et ses fans
Vincent confie qu’il connaissait DJ Arafat comme artiste ivoirien, mais ne suivait pas sa discographie récente. Seul le morceau « Jonathan » reste gravé dans sa mémoire, lui rappelant ses années à l’international. Aujourd’hui, l’artiste compte des millions de fans, et c’est cette mobilisation que Vincent et son équipe doivent encadrer.
L’organisation des obsèques
Pendant plus de deux semaines, les équipes de sécurité, de secours et de santé œuvrent à encadrer les obsèques. À l’approche de la cérémonie finale, Vincent est chargé de coordonner la sécurité côté administration, en collaboration avec la famille de l’artiste.
« Tout événement privé peut avoir un impact public. La sécurité est donc une priorité », rappelle-t-il.

La nuit de l’hommage au Stade FHB
Le 31 août 2019, lors de la nuit d’hommage, des dizaines de milliers de jeunes se mobilisent. La crainte d’une bousculade est réelle, rappelant le drame de 2013 au Plateau. Vincent et son équipe assurent la discipline de la foule.
Au stade, il est confronté à l’émotion des fans : une jeune fille en crise d’hystérie, le cercueil exposé, et la réalité du décès face à tous. Grâce à la coordination avec Didier Bleou, animateur expérimenté, et aux forces de sécurité, la sortie du stade se déroule sans incident.
Le déroulement de l’enterrement
Au cimetière, la tombe de DJ Arafat est prête. Vincent supervise la discipline sur place, respectant également les autres familles présentes. Cependant, des imprévus surviennent : des groupes de jeunes se dirigent spontanément vers le cimetière. La vigilance et la réactivité des forces de sécurité permettent de gérer ce flux humain massif.
À 07h15, les cérémonies et l’enterrement s’achèvent. Quelques heures plus tard, Vincent découvre avec consternation une vidéo montrant la profanation du cercueil de l’artiste.
Lire aussi : Carmen Sama tourne la page Arafat DJ
Un hommage et des leçons pour l’avenir
À l’approche du premier anniversaire de la disparition de DJ Arafat, Vincent insiste sur l’importance de l’harmonisation des activités entre famille, fans et sympathisants pour éviter de nouveaux troubles à l’ordre public.
« Même dans la tombe, DJ Arafat continue de nous donner du boulot », conclut-il.
Repos éternel, champion !
Par Mohamed KONATE avec Europe24.fr
