Comment un responsable politique, dont la présence au RHDP repose largement sur son patronyme, peut-il laisser entendre que sa sœur n’aurait aucune volonté propre ? Yamousso Thiam est pourtant une femme d’affaires reconnue, une militante engagée et une figure respectée.
La présenter comme un simple instrument politique revient à nier son autonomie et à adopter une posture aux relents misogynes.
Une contradiction avec l’héritage Akan
Le paradoxe est d’autant plus frappant qu’Augustin Thiam est chef traditionnel d’un peuple matriclanique dont l’histoire s’appuie sur la figure légendaire d’Abla Pokou, héroïne fondatrice de la nation baoulé.
Comment un héritier de cette tradition, où les femmes jouent un rôle central, peut-il tenir des propos qui dénient la capacité d’action politique d’une femme, a fortiori de sa propre sœur ?

Un discours pour masquer une fragilité politique ?
En réalité, Augustin Thiam sait que la candidature de Yamousso Thiam représentait un symbole fort et un véritable danger électoral pour lui lors des législatives.
L’accusation de « manipulation » semble ainsi viser à lui retirer toute légitimité, comme si reconnaître sa force politique revenait à admettre sa propre faiblesse. Un procédé classique : lorsqu’un homme se sent menacé par une femme influente, il cherche souvent à minimiser son indépendance.
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Quelle stature politique pour Augustin Thiam ?
Au final, que reste-t-il de l’image politique d’Augustin Thiam ? En dehors de son rôle symbolique au sein du RHDP, où il apparaît surtout utilisé pour affaiblir sa propre famille et contrer un adversaire politique redouté, son poids réel demeure extrêmement limité.
