Le vote présidentiel en Guinée-Bissau se déroule au suffrage universel direct à deux tours, tandis que les députés sont élus à la proportionnelle dans 27 circonscriptions. La Constitution impose un minimum de 36 % de femmes sur les listes et réserve deux sièges à la diaspora. Le Premier ministre est issu du bloc majoritaire à l’Assemblée, ce qui rend les législatives décisives pour la gouvernance.
Une histoire d’instabilité
La Guinée-Bissau reste marquée par des décennies d’instabilité politique : coups d’État, assassinats et dissolutions parlementaires ont rythmé son histoire depuis 1980. L’assassinat non élucidé de l’ancien président João Bernardo Vieira en 2009 et les crises récurrentes entre présidents et Premiers ministres témoignent d’un climat fragile. L’élection de 2020, proclamée par Embaló malgré des contestations judiciaires, avait déjà intensifié les tensions et conduit à un déploiement de l’armée autour des institutions.
Une opposition affaiblie
Cette année, l’opposition se trouve fragilisée. Domingos Simões Pereira (PAIGC), principal rival de 2019, a été exclu du scrutin, tout comme son parti des législatives. Embaló bénéficie donc d’un terrain plus dégagé, soutenu par une coalition de 16 partis. « Nous sommes très confiants de l’emporter », affirme Soares Sambu, ministre de l’Économie et directeur de campagne.

Fernando Dias, l’outsider
Onze candidatures ont été validées par la Cour suprême. Fernando Dias, soutenu par certains groupes de la diaspora et de l’armée, se présente comme un outsider capable de concurrencer Embaló. Ses meetings mêlent symboles du PRS et références au PAIGC, dans une tentative de rassembler au-delà des clivages traditionnels.
Le rôle des alliances ethniques et politiques
Les alliances ethniques restent un facteur déterminant. L’ethnie Balante, fortement représentée dans l’armée, soutient Dias, tandis qu’Embaló, Peul, concentre son appui dans d’autres régions. L’armée maintient un rôle de surveillance et se veut prudente, malgré des arrestations récentes de hauts gradés soupçonnés de comploter contre le président.
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Enjeux pour la stabilité du pays
Le double scrutin de ce 23 novembre pourrait redessiner l’équilibre des pouvoirs. Si Dias parvient à fédérer l’opposition, Embaló pourrait devoir compter sur un second tour et une mobilisation massive. Dans un pays où la stabilité institutionnelle reste fragile, l’attention de la communauté internationale est particulièrement soutenue.
