Les chefs d’État sahéliens réunis pour structurer l’AES
Après un premier sommet fondateur tenu à Niamey en 2024, les autorités sahéliennes entendent désormais donner une réalité concrète à leur alliance. À Bamako, les discussions ont porté sur la sécurité, l’économie et la communication, avec l’objectif affirmé de renforcer la coopération entre les trois États.
Une force militaire commune au cœur du projet
La question sécuritaire a occupé une place centrale lors de ce sommet. Les dirigeants ont réaffirmé leur volonté de créer une force armée conjointe destinée à lutter contre les groupes jihadistes actifs dans la région. Cette force unifiée, annoncée depuis plusieurs mois, devrait compter environ 5 000 soldats issus des armées nationales des trois pays.
Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a profité de la rencontre pour présenter l’étendard officiel de cette future force. Il a également nommé le général Daouda Traoré à sa tête. Toutefois, aucune date précise n’a encore été communiquée concernant le début effectif des opérations, laissant le projet toujours en phase de préparation.

Une alliance née des transitions militaires
Créée en septembre 2023, l’AES regroupe le Mali, le Burkina Faso et le Niger, tous dirigés par des autorités militaires issues de coups d’État survenus entre 2020 et 2023. Le texte fondateur de l’alliance repose sur un principe de solidarité, prévoyant une assistance mutuelle en cas d’agression contre l’un des États membres.
Dans un contexte de relations tendues avec certains partenaires internationaux, les dirigeants de l’AES affichent leur volonté de renforcer leur souveraineté et de définir eux-mêmes leurs priorités en matière de sécurité et de développement.
Banque et média communs pour renforcer l’intégration
Au-delà de la défense, le sommet de Bamako a également permis d’officialiser le lancement de nouvelles institutions civiles. Les chefs d’État ont acté la création d’une banque d’investissement et de développement de l’AES, destinée à soutenir des projets économiques communs et à favoriser la croissance dans les trois pays.
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Par ailleurs, un média commun de l’alliance a été inauguré. Selon les autorités, cet outil doit permettre de mieux coordonner la communication de l’AES et de porter une voix commune sur les enjeux sahéliens, tant au niveau régional qu’international.
Avec ces annonces, l’Alliance des États du Sahel cherche à passer d’une alliance politique à une organisation structurée, capable d’agir sur les plans sécuritaire, économique et institutionnel.
Avec Europe24.fr
