Le président du Faso, Ibrahim Traoré, a reçu lundi 25 mai à Ouagadougou Lansana Kouyaté, médiateur de la CEDEAO auprès de la AES. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des consultations engagées entre les deux organisations, centrées sur les enjeux de sécurité régionale, de stabilité et de libre circulation des personnes et des biens.
Selon la Direction de la communication de la présidence burkinabè, les échanges ont permis d’aborder des « sujets complexes » liés à la situation sécuritaire dans la sous-région. À l’issue de l’audience, le médiateur a plaidé pour une « coopération exemplaire » entre la CEDEAO et l’AES, soulignant que la proximité géographique impose des solutions concertées. Il a également indiqué que les autorités burkinabè avaient donné des « instructions éclairées », sans en préciser le contenu. Aucun communiqué conjoint n’a été publié.
Cette visite marque la première étape sahélienne de la mission de Lansana Kouyaté, nommé le 25 mars 2026. L’ancien Premier ministre guinéen a déjà mené des consultations dans plusieurs capitales de la CEDEAO, dont Abidjan, Dakar et Accra.
Une médiation sous contrainte dans un contexte de rupture entre la CEDEAO et l’AES
Diplomate chevronné, Lansana Kouyaté a dirigé le secrétariat exécutif de la CEDEAO entre 1997 et 2002, avant d’occuper des fonctions de haut niveau aux Nations unies et de participer à plusieurs médiations régionales en Afrique de l’Ouest. Sa nomination intervient après plusieurs tentatives infructueuses de rapprochement, notamment celles menées par des médiateurs précédents sans avancée concrète.
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La crise actuelle s’inscrit dans un contexte de rupture institutionnelle depuis le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO en janvier 2025 pour former la AES. Malgré cette séparation, plusieurs dossiers restent en suspens, notamment la gestion des infrastructures régionales, l’accès aux financements de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO, ainsi que la préservation de la libre circulation dans l’espace ouest-africain.
Les États de l’AES affirment vouloir consolider leur autonomie politique tout en maintenant certains mécanismes pratiques de coopération avec la CEDEAO. De son côté, l’organisation régionale cherche à éviter une fragmentation durable de l’espace ouest-africain, alors que les positions restent encore éloignées entre les différentes capitales.
