Depuis sa cellule de prison, l’ancien Premier ministre malien Choguel Maïga a publié une lettre pour répondre aux déclarations du président français Emmanuel Macron concernant le retrait des forces françaises du Mali. Selon lui, les propos tenus par le chef de l’État français lors du sommet Africa Forward ne reflètent pas entièrement la réalité des événements ayant conduit à la rupture sécuritaire entre Bamako et Paris.
Dans sa lettre, Choguel Maïga retrace les différentes tensions diplomatiques apparues après le second coup d’État du 24 mai 2021. Il affirme qu’Emmanuel Macron aurait mal accueilli cette prise de pouvoir, contrairement au premier putsch du 18 août 2020. L’ancien chef du gouvernement soutient également que le président français aurait tenté d’influencer la désignation des dirigeants de la transition malienne, notamment celle du président de la transition et du Conseil national de transition. Face au refus des autorités militaires, Paris aurait ensuite annoncé, « sans préavis », le redéploiement de ses troupes vers la zone dite des trois frontières.
Désaccords sur le G5 Sahel et la Force Takuba, affirme Choguel Maïga
Les relations entre Bamako et Paris se sont ensuite davantage dégradées autour de la gestion du G5 Sahel. Choguel Maïga affirme qu’Emmanuel Macron aurait refusé la tenue d’une réunion statutaire du G5 au Mali, estimant que cette décision démontrait l’influence de la France sur l’organisation.
L’ancien Premier ministre revient également sur le dossier sensible de la Force Takuba, accusée de s’être installée au Mali sans autorisation officielle. Selon lui, cette présence a transformé la ville de Ménaka en centre d’entraînement pour plusieurs forces spéciales européennes, poussant les autorités maliennes à réclamer son départ. Dans le même élan, Bamako a également demandé le retrait de la MINUSMA, jugée inefficace après dix années de présence.
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Pour Choguel Maïga, ces différents épisodes traduisent un abandon du Mali par la France. Il rappelle d’ailleurs sa déclaration prononcée à la tribune de l’Organisation des Nations unies en septembre 2021 : « La France nous a abandonnés en plein vol ».
Enfin, l’ancien Premier ministre défend le rapprochement du Mali avec de nouveaux partenaires internationaux, notamment la Russie, malgré les critiques formulées par Emmanuel Macron. Il estime que cette nouvelle orientation permettra au Mali et aux pays de l’Alliance des États du Sahel de préserver leur souveraineté, leur indépendance et leur dignité.

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