Il est poursuivi pour un détournement présumé de 138 millions FCFA, une affaire dans laquelle son changement soudain de train de vie et l’évolution rapide de son patrimoine éveillent les soupçons de l’accusation.
Un prévenu déterminé à se défendre seul
À la barre, vêtu de la chasuble orange réservée aux détenus du PPEF, Mohamed C. est apparu très sûr de lui. Mince et visiblement tendu, il a rejeté fermement toutes les accusations. Fait marquant : il a choisi de se défendre sans avocat, assurant qu’il ne craignait pas la lumière des débats.
Dès ses premières déclarations, il a tenu à expliquer le fonctionnement du PTUA, rappelant que le projet représente un coût global de plus de 638 milliards FCFA, financé à 27 % par l’État et à 73 % par des bailleurs internationaux. Selon lui, cette structure financière repose sur deux guichets distincts, ce qui rendrait impossible, affirme-t-il, toute manipulation ou détournement des fonds publics.

Une justification centrée sur le financement du déguerpissement
Face au tribunal, Mohamed C. a également tenté de dissiper les soupçons sur l’origine des 138 millions FCFA au cœur de l’affaire. Selon lui, cet argent ne proviendrait ni des fonds de l’État ni de ceux des bailleurs. Il affirme que tout serait parti d’une demande formulée lors du lancement officiel du quatrième pont d’Abidjan.
Selon ses propos, son supérieur lui aurait demandé de trouver rapidement des ressources pour financer le déguerpissement des occupants installés sur l’emprise du chantier à Boribana. Il explique alors avoir sollicité un préfinancement auprès des entreprises chargées des travaux, soutenant que cette démarche justifierait les mouvements financiers mis en cause.
Lire aussi : Ministère de l’Éducation : une dotation en véhicules qui relance le débat sur le « made in Côte d’Ivoire »
Un procès suspendu pour compléter les auditions
Après cette première série de déclarations, la présidente du tribunal a décidé d’interrompre les échanges. Une « mise en bouche », comme l’ont confié certains habitués de la salle d’audience, avant la suite d’un dossier qui s’annonce dense et technique.
À la demande de l’Agent Judiciaire de l’État, représentant les intérêts de l’État de Côte d’Ivoire, le procès a été renvoyé au 5 décembre 2025. Ce temps permettra notamment la comparution de l’Ageroute et du responsable du PTUA, deux acteurs jugés essentiels pour éclairer le tribunal.
