La hausse des prix des carburants, entrée en vigueur le 1er août 2026, relance le débat sur la dépendance énergétique de la Côte d’Ivoire. Face à cette situation, l’économiste Ahoua Don Mello avance plusieurs pistes destinées à renforcer l’autonomie du pays et à limiter l’impact des fluctuations du marché mondial.
Une hausse des carburants qui ravive les inquiétudes
Depuis le 1er août 2026, les automobilistes doivent faire face à une augmentation des prix à la pompe. Le litre de super sans plomb est désormais vendu à 905 FCFA, contre 875 FCFA auparavant. Le gasoil passe, lui, de 700 FCFA à 725 FCFA le litre.
Le pétrole lampant suit également cette tendance et atteint désormais 780 FCFA le litre. En revanche, les tarifs du gaz butane restent inchangés sur l’ensemble du territoire ivoirien.
Dans une déclaration rendue publique le 3 août 2026, le Dr Ahoua Don Mello, expert associé à l’Université de Kazan et vice-président de l’Alliance internationale des BRICS, estime que cette nouvelle hausse met en évidence la forte exposition de l’économie ivoirienne aux variations des cours internationaux.
Selon lui, les contrats de concession actuellement en vigueur conduisent le pays à dépendre du marché international pour son approvisionnement, malgré sa production nationale de pétrole brut.
Miser sur la mobilité électrique pour réduire la dépendance
Pour répondre à cette vulnérabilité, l’économiste propose d’accélérer le recours aux véhicules électriques, notamment dans les transports publics, les taxis et les véhicules de transport avec chauffeur (VTC) opérant dans le district d’Abidjan.
À ses yeux, cette transition permettrait de diminuer les importations de carburants tout en réduisant les coûts d’exploitation supportés par les entreprises de transport. Une évolution qui contribuerait également à renforcer la résilience du secteur face aux variations des prix internationaux.
Diversifier les approvisionnements et moderniser la SIR
Ahoua Don Mello recommande aussi de conclure des contrats d’approvisionnement de longue durée avec plusieurs pays producteurs. L’objectif est d’obtenir des conditions tarifaires plus avantageuses grâce à des accords incluant des décotes, sur le modèle de certaines stratégies commerciales mises en œuvre par la Chine.
L’expert insiste enfin sur la nécessité de renforcer les capacités de la Société ivoirienne de raffinage (SIR). Avec une capacité de traitement de 68 000 barils par jour, l’entreprise devrait, selon lui, bénéficier d’investissements pour moderniser ses infrastructures de stockage.
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Il appelle également à transformer les contrats de concession actuels en contrats de service, une évolution qu’il juge essentielle pour améliorer la performance du secteur énergétique et soutenir les ambitions du Plan national de développement (PND).
Une stratégie tournée vers l’autonomie énergétique
Au-delà de la récente hausse des prix des carburants, les propositions d’Ahoua Don Mello visent à réduire la dépendance de la Côte d’Ivoire aux marchés internationaux. Entre électrification des transports, diversification des fournisseurs et renforcement des capacités de raffinage, l’expert dessine une stratégie axée sur une plus grande souveraineté énergétique et une meilleure compétitivité de l’économie nationale.
