L’affaire Koumassi Campement connaît un nouvel épisode. Alors que l’opérateur économique et ancien maire adjoint de Koumassi, Alloui Brou Jacques, est placé en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur les destructions massives survenues le 3 juin 2026, le ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté a réagi aux informations publiées par l’hebdomadaire L’Éléphant Déchaîné.
Dans un droit de réponse adressé au directeur de publication du journal, le cabinet de la ministre Myss Belmonde Dogo rejette l’affirmation selon laquelle la ministre aurait reçu Alloui Brou Jacques le 2 juin, veille des opérations de déguerpissement, en présence d’un parlementaire.
Selon le ministère, cette version ne correspond pas aux faits. Les opérations de démolition auraient commencé le mardi 2 juin 2026, sans que ses services n’en soient informés ce jour-là. Le cabinet affirme avoir pris connaissance de la situation le lendemain, avant d’entamer des échanges avec les autorités compétentes dès le 3 juin.
Le premier contact avec Alloui Brou Jacques n’aurait eu lieu que le 4 juin, précise le ministère, avec pour objectif d’obtenir des explications et de demander la suspension des opérations de déguerpissement. La visite de Myss Belmonde Dogo à Koumassi Campement est intervenue le 5 juin, dans le cadre d’une démarche de soutien aux populations touchées.
Démolition à Koumassi : le ministère exige une rectification alors que l’enquête judiciaire se poursuit
Pour le cabinet de la ministre, cette chronologie établit que son intervention est intervenue après le début des démolitions et non avant, comme l’aurait laissé entendre l’article contesté. Il réclame ainsi une rectification de ces informations et prévient qu’il pourrait saisir l’Autorité nationale de la presse (ANP) ainsi que les juridictions compétentes en cas de maintien de ces accusations.
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Cette réaction intervient dans un contexte judiciaire toujours en cours. Le procureur de la République a rappelé que la décision de justice rendue dans ce dossier « n’autorisait aucune démolition de constructions ». Le tribunal avait par ailleurs rejeté une demande qui portait initialement sur cinq habitations.
Arrêté le 18 juin après plusieurs jours de fuite, Alloui Brou Jacques est poursuivi pour plusieurs infractions, notamment troubles à l’ordre public, voies de fait et destruction volontaire du bien d’autrui.
Les investigations se poursuivent afin d’identifier d’éventuelles responsabilités supplémentaires, notamment sur le rôle présumé de certaines complicités administratives ou sécuritaires dans une opération qui a privé des milliers de personnes de leurs logements.
